« La montagne a un avenir. » Dominique Faure, ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, l’a affirmé mi-avril sur le salon Mountain Planet.
« Soutenir l’économie de la neige, c’est soutenir la transition écologique »
Les enjeux sont partagés et reposent sur une réalité : « Ce qui fait le moteur économique, c’est d’abord le ski et on en a besoin pour financer la transition », est intervenu Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région en charge de l’agriculture. Nul n’est dans le déni : « La planète souffre, et ce n’est pas en s’engueulant et en prenant des positions dogmatiques qu’on va avancer, a renchéri Jean-Luc Boch, président de l’association nationale des maires des stations de montagne. Le ski a encore un bel avenir. Arrêter l’économie, c’est arrêter la vie, et là où il n’y a pas de vie, il n’y a pas d’écologie. »

Après Joël Giraud, député des Hautes-Alpes et auteur d’un rapport sur les enjeux de la montagne française dont il a évoqué les grandes lignes, la ministre Dominique Faure s’est adressée aux élus et acteurs de la montagne : « Soutenir l’économie de la neige, c’est soutenir la transition écologique. C’est vous qui accompagnez ces transitions et dessinez un avenir, les 25 % de communes de montagne et 18 % de Français qui y vivent. » Alors que le réchauffement climatique va être deux fois plus important en montagne, « vous investissez dans le quatre-saisons ». L’État est venu en soutien financier après la crise du Covid-19 et le reste à travers différents financements.

Cela fait des mois que la députée Marie-Noëlle Battistel échange régulièrement avec la ministre Dominique Faure « pour lui faire percevoir la pertinence du projet Alpe du Grand Serre 2050, très vertueux et qui prépare l’avenir ». Mi-avril, il a été discuté avec des membres de la Communauté de communes de la Matheysine, des élus dont Éric Piolle, maire de Grenoble, des socioprofessionnels, un collectif de citoyens…
« Les gens qui y vivent sont dans l’incertitude. » Les pluriactifs sont nombreux et c’est « une spécificité de la station ». Leur avenir est suspendu à ce projet. Ce nouvel appareil permettrait de démanteler des remontées et de monter les clients du bas de la station directement à 1 700 m d’altitude. « Au-delà de 1 600 m, la station a été enneigée tout l’hiver. » Il répondrait aussi à la problématique de surfréquentation du Taillefer.
« Je suis persuadée que sur la période estivale, on aura une montée en puissance et qu’on aura à un moment donné, autant de skieurs que de piétons. » Un travail va donc être engagé sur la qualification d’ascenseur valléen qui permettrait de trouver des financements, notamment européens pour boucler le projet de 24 M€ (6 M€ manquent toujours).
La ministre s’est clairement positionnée pour trouver des solutions « et nous a donné rendez-vous dans un mois ». La députée ne cache pas sa satisfaction : « On n’a jamais eu autant de signaux positifs. »
« La Matheysine est un excellent territoire de moyenne montagne pour une expérimentation »
La ministre a également fait une annonce concernant l’Alpe du Grand Serre, dossier discuté le jour même de sa visite en réunion. « La Matheysine est un excellent territoire de moyenne montagne pour une expérimentation. On va aller chercher ensemble les financements pour cet ascenseur valléen. » Une prise de position forte très applaudie par les représentants de la Matheysine.

« Le gouvernement dit : non, l’économie du ski n’est pas finie et a du sens pour les territoires et notre pays. Le tourisme de montagne doit continuer avec une prise en compte du changement climatique indispensable », a conclu Dominique Faure. L’Alpe du Grand Serre est prête à en devenir un exemple et un modèle à suivre.
Article issu du Dauphiné Libéré