« Au lieu de Jeux d’hiver, faisons les Jeux de la montagne »

Innovation, transport, logement, environnement… Pendant près de deux heures, des spécialistes de la montagne et des sports d’hiver ont débattu sur les Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises de 2030 à l’initiative d’étudiants en management du sport de l’université Grenoble Alpes. La question de l’héritage a été au cœur de cette conférence, mardi 25 mars, sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. En préambule, Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Apes, s’est exprimé à travers un message vidéo : « Nous allons pouvoir relever les défis en n’oubliant jamais l’accessibilité et la dimension majeure de la place de la jeunesse. »  

Pour Romain Riboud, responsable RSO et développement durable à la Fédération française de ski, « les Jeux doivent servir de laboratoire pour la montagne de demain » en soutenant « des stations pilotes ». « Il y a un coup à jouer, c’est en tout cas ma vision personnelle », a souligné l’ancien skieur paralympique qui a fait partie du comité d’organisation de Paris-2024.

Photo le DL/Bertrand Riotord
Photo le DL/Bertrand Riotord

Les mobilités en question

Marie-Noëlle Battistel, députée socialiste de l’Isère, qui s’est battue pour la sauvegarde de la station de l’Alpe du Grand Serre, la « vigilance » doit être de mise pour que les engagements , sur les sujets de transition, soient « respectés ».

Également présidente de la Commission nationale de la montagne, elle planche, à la demande du gouvernement, sur « une feuille de route » sur « l’adaptation des territoires de montagne et des stations » au dérèglement climatique. « Ensuite, on se penchera sur la question des JOP Alpes françaises 2030 », a-t-elle précisé.

Se qualifiant de « poil à gratter », Antoine Pin, directeur de Protect Our Winters France, a insisté sur la question du transport : « Nous savons que les mobilités seront le sujet principal. Mais quel sera l’héritage ? On nous parle de la ligne Marseille-Briançon avec une heure de moins en train : en quoi ça va aider les Briançonnais ? » Alors que son ONG a organisé une « convention citoyenne olympique » sur ces Jeux dans le bassin d’Annecy-Aravis, il a regretté de nouveau que les habitants n’aient pas eu « leur mot à dire ».

De son côté, Maurice Manificat, ancien fondeur de haut niveau (quatre médailles olympiques) désormais installé sur le Vercors, adhère à la vision défendue par le président du comité d’organisation, Edgar Grospiron : « Au lieu de Jeux d’hiver, ce sont les Jeux de la montagne. Organiser un trail pour tous, comme le marathon lors de Paris-2024, est une très bonne idée. » Cette proposition d’ouvrir à des sports hors neige et glace, critiquée par des acteurs du ski et de la montagne, n’est pas encore validée. La décision finale doit être prise en juin lorsque la carte des sites doit être dévoilée.

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus