Avec « Gueule de bois », il fait renaître les skis en bois dans une ancienne scierie

Sa gueule de bois dure depuis plus de 2 ans. « En déposant ma marque en 2021, j’ai choisi un nom facile à retenir », glisse Manuel Chalopin. « Maintenant dans la vallée, tout le monde connaît », assure celui qui a associé lutherie et création de skis en bois dans la même boîte.

À Longefoy, sa production reste confidentielle dans son atelier : moins d’une dizaine de paires de spatules vendues depuis qu’il a investi l’ancienne scierie du village d’Aime-La-Plagne.

« Un toucher de neige plus “confort” »

« Encore en phase de mise en place, j’organise beaucoup de tests, de démonstrations dans les stations, de prêts », précise l’autoentrepreneur. À ceux qui pensent que « les skis en bois ne fonctionnent pas », Manuel Chalopin prouve le contraire : pour lui, ils offrent « les mêmes sensations que les tout en plastique ». Mieux, le toucher de la neige serait « plus agréable » : « Le bois absorbe les vibrations », certifie l’adepte de télémark. « Le rebond, l’énergie que le ski renvoie, sa tenue, comme sa conduite de courbe » n’auraient rien à envier aux grandes marques. Sauf que l’artisan privilégie « les matériaux naturels » et le fait main en « mécanisant le moins possible ».

« L’approche écolo m’a convaincue »

Son concept ? « Renouer avec un des buts premiers de la glisse : prendre du plaisir ». L’envie d’un « retour à l’essentiel » lui est venue après des hivers de skiman à Val d’Isère. « Quand j’ai commencé à travailler en Tarentaise, début 2000, les saisonniers partageaient surtout l’amour du sport et de la montagne. L’esprit a énormément changé : un côté m’as-tu-vu s’est développé autour de l’équipement en même temps qu’une multitude de nouveautés, jusqu’à ne plus savoir quel modèle choisir tellement il y en a ! »

Lorsque les skis en bois ressortent sur le marché dans les années 2010, ils laissent le Breton sur sa « faim ». « L’approche “écolo” m’a convaincu, mais en termes de performance, le produit arrivait vite à ses limites sur des pentes engagées. »

« Retour à l’essentiel »

Alors il a voulu trouver un compromis. Pour rivaliser avec les Dynastar, Rossignol ou Salomon, et utiliser le moins possible de fibres synthétiques (carbone et lin), le quadragénaire travaille un maximum le “cœur” du ski : son noyau, la planche de base à laquelle viendra s’ajouter la semelle, les carres, les fixations… « La résine, pour la colle, est en partie végétale et le petex (NDLR, plastique) recyclé même s’il vient de l’étranger. A défaut de pouvoir faire du 100 % écolo, nous nous en rapprochons ».

Le frêne est coupé par l’élagueur du village (quand c’est possible), sinon dans le Jura ou les Vosges. Une essence locale choisie « pour sa flexibilité naturelle, sa résistance, et sa solidité dans la durée ». Mixée avec de l’épicéa, elle allège les modèles version ski de randonnée.

Comptez entre quinze jours et trois semaines de travail, soit environ trente heures, avec les temps de pressage, pour une paire et 850 euros comme prix de départ. « Cela peut aller jusqu’à 1 500 voire plus », confie Manuel Chalopin, qui propose du « sur-mesure ». « Pour le top sheet (NDLR : la marqueterie sur la couche supérieure) personnalisable, je peux même incruster des pierres semi-précieuses ou de la nacre ». Sur les pistes, produit unique assuré.

Article issu du Dauphine Libéré

Bientôt des skis recyclables ?

C’est une révolution en cours sur le marché du ski : proposer des spatules entièrement recyclables. En septembre 2023, la marque française ADN Skis a annoncé la production et l’industrialisation des premiers skis « 100 % recyclables ». Finalement, il s’avère que la filière de récupération n’a pas été mise en place et que le “top sheet” (la couche supérieure) n’est recyclable qu’en partie. Avant cette start-up (adossée à Salomon), le groupe Rossignol, qui produit entre autres à Sallanches en Haute-Savoie, a sorti son premier ski avec une recyclabilité finale affichée de 77 %, en 2022.

Vente en direct sur www.gueuledebois-planchesetguitares.com. Démonstrations à La Plagne le 1er  février et sur les fronts de neige des Contamines-Montjoie les 9 et 10 mars et des Arcs les 9 et 10 avril.

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus

Rechercher par région
  • Alpes (134)
  • Massif central (4)
  • Pyrénées (21)
  • Jura (6)
  • Vosges (4)
  • Corse (1)
Suivant
Adultes18 ans et +
Enfantsde 0 à 17 ans
1er enfant
2ème enfant
3ème enfant
4ème enfant
5ème enfant
6ème enfant
7ème enfant
8ème enfant
9ème enfant