La neige de culture n’aurait qu’un impact limité sur les cours d’eau

Une première qui fait référence mais devra attendre avant d’être généralisée

« Le contexte géologique joue un rôle important pour analyser l’hydrologie locale, à prendre en compte au cas par cas » précisent les chercheurs de Météo France et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) en préambule de leur étude sur le site pilote de La Plagne pour mesurer les conséquences du damage (compactage de la neige des pistes) et de la production de neige sur l’écoulement et le débit des cours d’eau en aval des pistes de ski. Menée en partenariat avec la Compagnie des Alpes, cette expérience apporte des éléments nouveaux pour analyser l’empreinte environnementale de l’activité des stations de sports d’hiver.

Le damage réduit bien le débit des cours d’eau

Conclusion de ce travail publié ce lundi dans la revue Hydrology and Earth Sciences : oui, le damage tend à réduire le débit des cours d’eau en hiver, dans la mesure où il tend à supprimer l’écoulement à la base du manteau neigeux des pistes damées. « Globalement, il contribue à l’étiage, avec un écoulement nul mais sur une partie réduite puisque les pistes occupent une portion congrue du bassin versant, en moyenne 10 % d’un domaine skiable » explique l’un des auteurs de l‘étude Hugues François, ingénieur à l’INRAE. Or dans le même temps les précipitations hivernales tombent davantage sous forme de pluie que de neige, d’où une augmentation du débit hivernal.

Perte limitée à 10 %

Concernant la production de neige, et sans parler de l’évaporation durant le stockage, qui fait l’objet d’autres études, les chercheurs confirment qu’elle entraîne une fonte retardée, conduisant à un apport différé dans les cours d’eau et que la perte est limitée à 10 %, soit la part d’eau restituée à l’atmosphère lors du processus de congélation des gouttelettes. Les chercheurs évoquent 10 à 20 % d’écart, au moment du pic de fonte nivale, entre avril et juin.  Mais dans le même temps, le changement climatique provoque une baisse de l’enneigement et une fonte printanière plus précoce. 

« L’effet du changement climatique sur le débit des cours d’eau surpasse l’effet actuel et futur de la production de neige dans l’état actuel des pratiques et technologies de production de neige. Par conséquent, la production de neige ne compense pas ni n’aggrave substantiellement ce décalage hydrologique d’origine climatique dans le cas de la station de La Plagne » indique Hugues François pour qui la question de l’enneigement n’a pas d’impact significatif. Il serait même neutre. « L’impact du changement climatique est plus important que celui des activités humaines sur le cycle de l’eau ».

En France 35 % de la surface des domaines skiables sont couverts par des enneigeurs, destinés à pallier la variabilité de l’enneigement naturel. En Europe, cette production mobilise 100 millions de m3 d’eau soit 13 % des précipitations totales qui tombent sur les pistes.

L’étude ne traite pas de l’ensemble des enjeux liés au tourisme des sports d’hiver dans un contexte de changement climatique, comme la perturbation des écosystèmes et du paysage ou l’empreinte énergétique. « Également un enjeu majeur » selon les auteurs.

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