Le ciel du Vercors devient une des 22 “réserve étoilée” dans le monde

Observer les étoiles. Un spectacle aussi merveilleux que naturel. De quoi faire rêver toutes les générations. Un bien de plus en plus rare avec la pollution lumineuse qui gangrène les agglomérations. Mais certains territoires font tout pour garder ce bien précieux. C’est le cas du Vercors. 1600m2 viennent d’être labellisés “Réserve internationale de ciel étoilé” par l’association DarkSky International. 22 territoires ont reçu cette distinction à travers le monde. « Nous avons postulé afin de mettre en valeur nos efforts dans ce domaine », explique Emmanuel Jeanjean, chargé de mission transition énergétique au Parc naturel région du Vercors.

Le Vercors, une zone favorable

Une étude réalisée en 2018 par un bureau d’études spécialisé avait souligné la qualité « remarquable » du ciel nocturne. « Des appareils avaient été installés sur plusieurs points du territoire pour mesurer la noirceur du ciel. Il faut une valeur minimum pour prétendre à cette distinction », explique Emmanuel Jeanjean.

Un travail important mené sur l’éclairage public

Le résultat d’une politique incitative en matière d’éclairage public. 4 115 luminaires ont été recensés sur le territoire. « On travaille avec les collectivités pour les améliorer et les rénover. On fait attention d’éclairer le bas et non le haut, et seulement ce qui doit l’être comme les trottoirs et les parkings. Puis on veille aussi à éteindre la lumière au cœur de la nuit, à partir de 23 heures ou minuit », précise le chargé de mission.

Des bienfaits pour la faune nocturne

Le PNR a mis en place des formations et des actions de sensibilisation tant pour les élus, que pour les entreprises ou les habitants. Car les services publics ne sont pas les seuls concernés. « On incite par exemple à installer des détecteurs de présence pour limiter les éclairages, même intérieurs. Mais également à utiliser des ampoules avec des teintes peu froides », précise Emmanuel Jeanjean. En effet, les teintes blanches ou bleutées renvoient des signaux chez les êtres vivants qui leur indiquent qu’il fait jour. De quoi causer de sacrés dérèglements sur la biodiversité, notamment. Les chauves-souris qui abondent dans les grottes et les falaises de la région, et les chouettes de montagne sont par exemple très sensibles au dérangement lumineux. « Il y a de vraies conséquences sur le nourrissage, les déplacements et la reproduction de certaines espèces », précise Emmanuel Jeanjean.

Un travail au quotidien pour garder le label

Ce label est renouvelable chaque année. Il implique donc un travail au quotidien. « Nous devons envoyer nos données tous les ans. Il faut que l’on suive la qualité de notre ciel. Pour cela, des appareils vont être installés », précise Emmanuel Jeanjean. La volonté du PNR est aussi d’étendre cette zone.

Collaborer entre les secteurs

Enfin, un autre enjeu sera à prendre en compte : celui du tourisme. Un tel label va forcément amener des curieux. Il faudra ainsi « collaborer avec les professionnels du tourisme pour promouvoir une offre liée à la qualité du ciel étoilé et des paysages nocturnes » tout en le préservant.

Le chiffre : 3 000

C’est le nombre d’étoiles que l’on peut observer dans le ciel du Vercors. Pour comparer, on ne peut en voir qu’une centaine, voire une dizaine par endroits, dans le ciel de l’agglomération grenobloise.

Une fête du label

Le lancement de la Réserve internationale de ciel étoilé se fera lors de la soirée gratuite du 27 octobre à Gresse-en-Vercors, avec plusieurs évènements dont une soirée grand public avec des observations astronomiques et des balades nocturnes à 20 heures à l’observatoire Astrièves.

Quelles sont les zones concernées ?

Le label est décerné par DarkSky International créé en 1988 aux États-Unis par une communauté d’astronomes. Le territoire de la réserve du Vercors s’étend sur les trois quarts sud du Parc naturel régional, soit 1 600km2.

Cette réserve implique 39 communes, dont une zone cœur d’environ 245 km2 constituée de la Réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, des Espaces naturels sensibles du plateau d’Ambel et de Font d’Urle et du site Natura 2 000 du rebord méridional du Vercors. On peut la situer de Corrençon-en-Vercors (Isère) au Nord à Chatillon-en-Diois (Drôme) au Sud et de Omblèze à l’Ouest à Saint-Martin-de-Clelles à l’Est. Cette zone centrale se situe en grande partie au-dessus de 1 000 mètres d’altitude et s’étend jusqu’à 2 341 mètres, point culminant du massif.

Article issu du Dauphiné Libéré

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus

Rechercher par région
  • Alpes (134)
  • Massif central (4)
  • Pyrénées (21)
  • Jura (6)
  • Vosges (4)
  • Corse (1)
Suivant
Adultes18 ans et +
Enfantsde 0 à 17 ans
1er enfant
2ème enfant
3ème enfant
4ème enfant
5ème enfant
6ème enfant
7ème enfant
8ème enfant
9ème enfant