Zéro avalanche mortelle en Savoie cet hiver : pourquoi c’est exceptionnel

Dans le premier département de ski en France, le fait est suffisamment rare pour être souligné : la montagne savoyarde n’a eu à déplorer aucune avalanche mortelle durant la saison hivernale.

Alors que l’Association nationale étude neige et avalanches (Anena) a recensé 119 personnes emportées et malheureusement 13 décédées entre le 1er octobre 2023 et le 29 avril 2024, le bilan est particulièrement clément en Savoie : 17 avalanches impliquant l’intervention du PGHM ou des CRS, des services des pistes, des maîtres-chiens et des sapeurs pompiers. Pour 20 personnes emportées et/ou ensevelies et 6 blessés.

Le nombre de décès moyen en avalanche est en baisse sur les dix dernières années (25,6 par an contre 31,6 entre 1975 et 2015), avec seulement 9 morts lors de l’hiver 2021-2022 (plus faible total depuis la création de l’Anena en 1971). Mais la Savoie avait rarement été épargnée.

« Sous 2 000 m, on n’a pas été souvent en risque 3 »

Cette (heureuse) absence de drame, Benjamin Blanc, directeur de la régie des pistes des Belleville, ne l’explique pas. Il pointe d’abord du doigt la météo. « On a eu des cumuls de neige impressionnants au-dessus de 2 600 – 2 700 m, mais en dessous, pas des conditions avec des risques avalancheux énormes. Sous 2 000 m, on n’a pas été souvent en risque 3 ».

Patron du PGHM de Savoie, le commandant Corentin Hassmann estime aussi que c’est « plus la météo qu’autre chose » qui explique la situation. « Tout l’hiver, le manteau neigeux a été stabilisé régulièrement et les jours de Bera supérieurs à 3 n’ont pas été si nombreux. Plus que l’épaisseur, la stabilité ou la structure du manteau neigeux restent les principaux facteurs de déclenchement ».

Du 3 novembre 2023 au 1er mai 2024, la Haute Tarentaise a été un jour en risque 1 (le 30 janvier) au bulletin d’évaluation des risques avalancheux, 74 jours en risque 2 (dont 19 consécutifs du 2 au 20 février), 96 jours de risque 3 (19 pour le mois de décembre, 20 en janvier, 10 en février, 16 en mars, 20 en avril) et 10 jours de risque 4.

« Il n’y a eu qu’un seul jour en risque 5 »

« L’enneigement a été supérieur aux normales au-dessus de 2 000 m au cœur de la saison, mais il n’y a eu qu’un seul jour en risque 5, et il ne concernait que la Haute Maurienne », atteste Denis Roy, responsable du Centre de montagne des Alpes du Nord chez Météo France.

D’ailleurs, parmi les 17 avalanches où des secours ont été engagés, 15 l’étaient sous risque 3, et deux par risque 2. « Je n’ai pas trouvé que les conditions étaient toujours optimales, il y a parfois même eu des couches fragiles temporaires. On a eu des hivers où les conditions étaient plus optimales. Je suis étonné mais satisfait que ça n’ait pas entraîné de conditions accidentogènes », renchérit Frédéric Michel-Villaz, président du comité départemental des clubs alpins de montagne.

Ne pas tirer de conclusion hâtive

Il faut aussi espérer que les messages de prévention et les multiples campagnes des différents acteurs de la montagne portent leurs fruits. « Former les pratiquants, on y travaille tous ensemble pour rendre la montagne la plus sécuritaire possible. Mais il y a aussi une part de chance », atteste le représentant de la FFCAM.

Plus qu’une éventuelle sagesse des adeptes de la “peuf” et de la haute montagne, Benjamin Blanc mise aussi sur l’évolution du matériel et des outils (DVA plus facile d’utilisation, Bera, air bag…). « Il y a une ambiance palpable les jours de poudreuse fraîche avec du beau temps, c’est assez naturel », reconnaît Benjamin Blanc, qui lui aussi ne nie pas l’aspect chance, exemple à l’appui. « Lors du dernier secours à Val Thorens, un gars sans DVA ni matériel a été totalement enseveli. Les pisteurs sont intervenus en trois minutes. Un indice de surface leur a permis de pelleter au bon endroit et le sortir : ça tient à pas grand-chose. Il faut faire preuve d’humilité ».

Tous les acteurs de la montagne appellent à ne pas tirer de conclusion hâtive suite à cette saison hivernale pas comme les autres. « Il faut être prudents, des morts en avalanche en mai, ça arrive », rappelle le commandant Hassmann. Entre saison de randonnée et déneigement délicat des grands cols alpins, on croise les doigts pour un hiver blanc jusqu’au bout…

Article issu du Dauphiné Libéré

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