Il a inventé le Bat’Bec, des bâtons qui stabilisent les randonneurs

Maintien. Poussée. Sécurité. Stabilité. Voilà comment Jean Stéfan Gromiec définit en quatre mots le bâton de randonnée qu’il a inventé : le Bat’Bec. L’idée vient à ce retraité alors qu’il est en train de couper du bois, en forêt. Il a 60 ans.

« Un Monsieur Tout-le-Monde qui bricole »

Sur un terrain en forte pente, il cherche un moyen pour se stabiliser en montant de lourdes charges et « sans s’abîmer le dos car j’y tiens », sourit ce septuagénaire qui ne mâche pas ses mots. En prenant appui sur une branche, ce passionné de randonnées mais aussi de ski nordique a ce qu’il appelle « un déclic ».

Déclic qui lui donne l’idée du « bâton qui pousse deux fois ». Dans sa tête, tout cela fait son chemin. « Je me dis qu’il faut que je fasse un prototype », se souvient celui qui dit être « un Monsieur Tout-le-Monde qui bricole ».

Et de bricolage en bricolage, d’assemblage en assemblage, son bâton à double jambage prend forme. Mais face à la complexité pour déposer le brevet, l’outil reste près de dix ans dans sa cave.

Cependant, en mai 2020, grâce à l’aide de sa belle-fille, il dépose son brevet au niveau français. « Ce n’est pas les Chinois qui viendront me piquer mon invention », rigole-t-il.

Sa différence réside dans le double jambage

Mais alors, ce bâton, qu’a-t-il de différent de ceux qui complètent désormais la panoplie parfaite du marcheur du dimanche ou du randonneur confirmé flirtant au-delà des 3 000 mètres ? Toute la différence réside dans le double jambage et dans l’utilisation. « Il faut l’utiliser en parallèle à son corps. Ça fait travailler les biceps, les pectoraux mais ça permet aussi d’ouvrir la cage thoracique pour avoir une meilleure respiration et moins de fatigue », décrit celui qui a pris avis auprès de marcheurs et d’un guide de haute montagne également professeur de ski nordique en hiver.

Car l’outil peut également se décliner à la mode hivernale. Autre point : pas de dragonne – même déclipsable – pour ne pas se blesser en cas de chute ; « quand on chute, on n’a pas le temps de l’enlever, on n’y pense pas ! »

Un bâton qui n’est pas pliable

Et enfin, il n’est pas pliable « car un bâton de randonnée, c’est fait pour s’en servir du début à la fin, pas pour rester dans un sac à dos », assène le septuagénaire qui en a eu, dans son coffre, de ces objets pliables en trois. Si cette option n’a pas été retenue par l’inventeur, il reste cependant réglable en hauteur pour l’adapter à la taille de chacun des utilisateurs.

Tout comme pour remplacer la dragonne, ce marcheur de toujours affirme « qu’elle est largement compensée par l’appui en forme de rondelle très évasée qui offre un meilleur confort avec la double poignée qui permet de changer de position en fonction du dénivelé sans avoir à faire de réglage sur le bâton ».

Sa technique de vente : aller à la rencontre des randonneurs

Pour l’heure, ce fameux Bat’Bec (Bat’pour bâton et Bec car le jambage ressemble à un bec), il le produit dans sa cave avec l’aide de la marque TSL pour le bâton en lui-même. Le boîtier, qui permet de mettre en place le jambage en forme de bec, est lui fabriqué en 3D par une entreprise de Vénissieux. Le jambage est acheté « en quincaillerie » pour être ensuite façonné par Jean Stéfan Gromiec dans sa cave. Il adapte ensuite une pointe en acier dessus, faite, elle, par un artisan de Villette-d’Anthon.

Pour l’heure, ce retraité bricoleur fabrique les bâtons au coup par coup en fonction des commandes. Une dizaine à ce jour. Pas de site internet, pas de commercial. « Ce n’est pas à mon âge que je ferai fortune », s’amuse-t-il.

Sa technique de vente : aller à la rencontre des marcheurs sur les chemins de randonnées, notamment du côté de la Savoie. Sur les sentiers, il n’hésite pas à présenter et à faire tester son matériel. Il peut aussi le faire dans le Nord-Isère. Même si le dénivelé et le terrain ne sont pas les mêmes !

150 €

Il s’agit du prix d’une paire de bâton Bat’Bec. « Sur une paire, je gagne 20 € », chiffre celui qui n’a pas voulu vendre son brevet. « Pour l’heure, je ne sais pas combien il vaut ! »

Pour en savoir plus : 06 29 05 81 40.

Article issu du Dauphiné Libéré

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