Le train à vapeur, comme tant de belles inventions, a fini remisé au rang des souvenirs : remplacé par nos TER électriques, un peu plus rapides, un peu moins pittoresques.
Aujourd’hui, on les retrouve surtout dans les vitrines des passionnés de modélisme… à moins que certains n’aient eu l’idée folle de les ressusciter grandeur nature. De retaper des locomotives centenaires, de réhabiliter d’anciennes voies ferrées, et de remettre tout ça sur les rails, le tout avec de vrais passagers.
Eh bien c’est exactement le pari du « chemin de fer du Vivarais », et on est allé tenter cette expérience dans les gorges du Doux. Alors direction Saint-Jean-de-Muzols, près de Valence, pour embarquer à bord.
Un musée en gare de départ
Stop ! Une seconde avant de monter : ce serait dommage de vivre une telle expérience rétro sans en apprendre un peu plus sur son histoire.
C’est pourquoi le quai d’embarquement a été transformé en petit musée. Vous y découvrirez les origines du train à vapeur, son fonctionnement, ainsi qu’un ensemble de maquettes et de schémas très pédagogiques.
Pour les enfants que les pistons laissent de marbre, qu’ils se rassurent : de gigantesques pièces de LEGO les attendent, pour s’approprier à leur façon le monde du rail.
C’est dans le cadre du plan Freycinet, lancé en 1878 pour désenclaver les territoires ruraux, qu’est décidée la création d’une ligne reliant Tournon à Lamastre. Les travaux débutent en 1886 et mobilisent plus de 1000 ouvriers pendant cinq ans.
Inaugurée en 1891, la ligne connaît un succès immédiat. Le « Mastrou », ainsi surnommé en patois local, assure jusqu’à trois allers-retours par jour et transporte aussi bien les voyageurs que les marchandises, notamment le bois. Le tracé, prolongé jusqu’au Puy-en-Velay via Saint-Agrève, totalise à terme 200 km de rails serpentant à travers les Monts d’Ardèche.
Fermée en 1968 pour raisons économiques, la ligne est sauvée dès l’année suivante par une association de passionnés. Depuis, elle fonctionne comme train touristique, offrant aux visiteurs une traversée pittoresque des gorges du Doux à bord de locomotives centenaires.

Un trajet qui vaut le coup d’œil
Les sifflets retentissent, une colonne de vapeur s’élève dans le ciel : le train s’apprête à quitter la gare. C’est l’heure pour vous de prendre place dans ces wagons d’époque aux sièges en bois et aux fenêtres panoramiques sans vitre.
De quoi passer la tête pour apprécier un paysage où collines boisées, berges sauvages et aqueducs pittoresques se découvrent au fil des nombreux virages qu’emprunte cette voie ferrée elle-même à flanc de falaise. En bref, c’est l’atout n°1 de cette aventure : avoir aperçu de l’Ardèche du nord, un territoire qu’on explore assez rarement et qu’on vous a déjà proposé de découvrir à vélo le long de la Dolce Via.
Comptez 45 minutes jusqu’à la gare d’arrivée.
Escale dans un village ardéchois
Arrivé en gare de Boucieu-le-Roi, cette halte sera l’occasion d’aller se restaurer dans ce petit village typiquement ardéchois.
Si ces habitations en pierre à flanc de colline, surplombée par « la maison du bailli » (non visitable et occupée par une communauté religieuse) valent déjà le coup d’œil, vous aurez peut-être également la chance de visiter l’église au moment où l’un des sonneurs de cloches actionnera l’un des derniers mécanismes manuels de France.

Du Vélorail en bonus
En complément du train à vapeur, le Chemin de fer du Vivarais propose également une activité devenue populaire en France : le vélorail. Le principe est simple et convivial : vous pédalez à 2 personnes en même temps sur des voiturettes aménagées de 5 personnes maximum, le long d’un tronçon de 8 km dans la haute vallée du Doux.
C’est une activité familiale et ludique (même si vous ne dépasserez pas les 20 km/h), avec quelques règles de bon sens : distance de sécurité obligatoire et interdiction formelle de jouer aux auto-tamponneuses avec le convoi de devant.

Bilan : ca vaut le coup ?
On ne parle que depuis notre propre expérience, c’est-à-dire dans le cadre d’une groupe d’une dizaine de personnes sur une journée vapeur + Vélorail. Dans ces conditions, la journée est complète, sans être trop chargée, et le combo paysage + patrimoine ardéchois suffit à laisser un excellent souvenir à tous les participants, des plus jeunes aux seniors en passant par les parents.
En conclusion, c’est une valeur sûre.
Horaire : 9h30 - 17h
Tarif : - Adulte : 45,00 €
- Jeune (10 à 13 ans) : 30,00 €
- Enfant (4 à 9 ans) : 20,00 €
- Bambin (- de 4 ans et + de 9 kg) : Gratuit
- Personne en Situation de Handicap* : 43,00 €


