Comment être sûr de voir des marmottes en montagne ?

C’est bien connu : au printemps, les bourgeons apparaissent et les marmottes sortent de leurs terriers. Après plusieurs mois d’une sieste bien méritée, elles se réveillent, au terme d’un somme entamé à la même date chaque année à un ou deux jours près. Pour le réveil, c’est moins précis. « Quand elles arrivent au bout des réserves de graisses qu’elles se sont constituées, elles se réveillent. Ça dépend donc des années », éclaire Cyril Coursier, technicien du patrimoine au Parc national des Ecrins, pour la zone du Briançonnais et qui est intarissable sur ces siffleuses des montagnes.

1. Choisissez la bonne attitude

« Plus on est bas en altitude, plus elles vont sortir précocement », détaille-t-il. « Chez nous, il y a un étalement d’un mois entre les premières, entre 1000 et 1500 mètres d’altitude, qui sont sorties vers le 15 mars, et les dernières, au col du Lautaret, vers 2500 m d’altitude, qui dorment jusqu’au 15 avril environ. » D’une année sur l’autre, on retrouve les mêmes spécimens aux mêmes endroits, car la marmotte est casanière. « Les marmottes ne peuvent pas migrer et ne vont pas aller très loin, car elles sont bien adaptées à l’endroit où elles vivent. »

2. Sortez des forêts

A partir de cette date, on peut donc espérer en voir. Mais où les trouver ? Et surtout, quelle attitude adopter pour avoir la chance de scruter leurs mouvements ? « Il faut déjà éviter les zones forestières, puisque la marmotte vit dans les milieux ouverts. Il faut aussi viser des zones entre 1500 et 2500 m d’altitude. Dans notre zone, on peut en trouver partout, comme au col du Granon, dans les alpages du Monêtier-les-Bains ou au col du Lautaret. Il suffit de s’éloigner de la route et de marcher 5 ou 10 minutes », assure Cyril Coursier.

3. Pensez comme une marmotte

Une fois au bon endroit, il faut s’armer d’un peu de patience. Et se fondre dans le paysage. « Un conseil qui est valable avec absolument toute la faune sauvage, c’est de ne pas aller vers l’animal mais de faire en sorte que l’animal vienne à vous », détaille le technicien du patrimoine. « Il faut se mettre dans sa peau et se dire : « Si j’étais une marmotte, aujourd’hui et à cet endroit, où est-ce que je serais bien ? » Une bonne paire de jumelles ou un appareil photo avec un bon zoom sont alors des compagnons sûrs. Et s’il convient évidemment d’être discret pour ne pas apeurer l’animal, les secteurs fréquentés ne sont pas sans intérêt. « Les animaux y sont moins craintifs car un peu plus habitué que dans les coins ou ils voient moins de monde. »

Les marmottes se laissent observer au printemps et en été.
Les marmottes se laissent observer au printemps et en été.

4. Ne les effrayez pas

« Moins on fait de bruit, mieux ça se passe. » Voilà un conseil simple, qui marche bien. Pourtant, la présence humaine peut se fondre dans le décor. « Souvent, les animaux sont très forts pour détecter le mouvement, mais pas autant pour les formes et les couleurs. Le mieux est donc de s’installer à un endroit et de ne pas bouger. » La patience est alors le maître-mot. « Les grands photographes naturalistes savent qu’il faut savoir se poser tranquillement, confortablement, et attendre parfois longtemps. » Courir après une marmotte va également augmenter son taux de stress, ce qui la rendra plus vulnérable aux maladies. Et l’obliger à se cacher, plutôt qu’à se nourrir, ce qui ne va pas l’aider à constituer suffisamment de réserves de graisse pour l’hiver suivant. Idem pour la présence d’un chien : même tenu en laisse, il reste identifié comme un prédateur par la faune sauvage.

5. Ne les nourrissez pas

De temps en temps, certains êtres humains donnent à manger aux marmottes, histoire de les voir s’approcher un peu plus près. Mais c’est un mauvais cadeau qu’on leur fait. « La plupart du temps, ça va leur causer du tort. Même si la marmotte semble apprécier la nourriture donnée, elle ne connait pas la modération. C’est un animal strictement herbivore, même si elle grignote un petit criquet de temps en temps. Donc mieux vaut éviter de perturber son régime alimentaire pour ne pas provoquer d’occlusion intestinale ou augmenter son diabète, surtout dans les coins fréquentés. »

Pour voir une marmotte, il faut penser comme une marmotte.
Pour voir une marmotte, il faut penser comme une marmotte.

6. Partez tôt le matin, ou plus tard en soirée

Il faut le savoir : la marmotte n’aime pas trop la chaleur. « Au-delà de 15 degrés, il fait trop chaud, donc les marmottes vont se mettre au frais dans leur terrier », informe Cyril Coursier. « Le meilleur moyen d’en voir, c’est d’y aller tôt le matin ou tard le soir. D’où l’intérêt d’aller passer des nuits en refuge, et de les observer après le repas. En plus, ce sont des moments où il y a moins de monde en montagne. »

Bonus : est-ce que la marmotte peut m’attaquer ?

Observer la faune sauvage n’est pas sans risque. Cependant, pister l’ours ou la marmotte ne relève pas du même degré de bravoure. « Ça va bien se passer », rassure Cyril Coursier. « L’animal va se défendre uniquement s’il n’a pas de solution de repli. La marmotte ne peut donc vous mordre que si elle est acculée. Si elle le peut, elle fuira et c’est pareil pour les chamois et les bouquetins. » Vous ne risquez donc pas de finir comme les randonneurs de ce court-métrage. Ouf !

Pour ce qui est des chamois et des bouquetins, suivez le guide par ici

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus

Rechercher par région
  • Alpes (134)
  • Massif central (4)
  • Pyrénées (21)
  • Jura (6)
  • Vosges (4)
  • Corse (1)
Suivant
Adultes18 ans et +
Enfantsde 0 à 17 ans
1er enfant
2ème enfant
3ème enfant
4ème enfant
5ème enfant
6ème enfant
7ème enfant
8ème enfant
9ème enfant