De coiffeuse à mécanicienne de dameuses : la folle reconversion de Marine Arpin

« À la base, je n’étais pas destinée à finir mécanicienne. Finalement je m’y sens très bien et je ne regrette pour rien au monde », confie Marine Arpin au garage des dameuses de La Rosière en ce vendredi 26 janvier. Passée par un CAP coiffeur, elle a bifurqué en tant que saisonnière à l’entretien des pistes à l’été 2018. « J’étais curieuse de voir de l’intérieur le fonctionnement d’une station et de pouvoir travailler à l’air libre », se justifie la jeune femme. Satisfaits de son rendement, ses employeurs lui ont proposé de s’atteler aux chenilles des dameuses.

« Quand ils m’ont vue, ils croyaient à un poisson d’avril »

Elle était et reste toujours la seule fille à ce poste physiquement éprouvant, ce qui a pu donner lieu à des situations comiques. « Des livreurs sont venus au garage et quand ils m’ont vue, ils croyaient à un poisson d’avril », se rappelle avec le sourire l’apprentie mécanicienne qui entame son deuxième hiver. « J’ai appris la mécanique petit à petit et j’adore tout ce qui est manuel. »

Photo Le DL/Cyprien Durand-Morel
Photo Le DL/Cyprien Durand-Morel

« Une simple erreur coûte beaucoup d’argent »

Sans formation spécifique, elle peut compter sur son mentor Pascal, chef d’atelier qui connaît sur le bout des doigts chaque recoin des dameuses. Sa mère, conductrice de dameuse dans la station voisine des Arcs, lui prodigue également de précieux conseils.

« J’ai toujours l’appréhension de faire des bêtises et que la machine tombe en panne le soir même. Une simple erreur coûte beaucoup d’argent », tient à souligner la mécanicienne. « Je vérifie toujours trois fois le vissage des bouchons pour être sûre. » Une dameuse coûte environ 500 000 euros.

Dans sa trajectoire d’apprentie, elle a commencé par des « petites bricoles » comme changer des trains de roulement, jusqu’à participer à des dépannages parfois mémorables comme en cet hiver 2021. « Mon copain dameur m’a avertie un soir que la machine à treuil s’était arrêtée en plein milieu de la piste de la Combe. J’ai conclu que le planétaire, ce qui permet d’entraîner la chenille, était cassé. »

Le lendemain matin, elle a dû tracter le véhicule défectueux à l’aide d’un deuxième treuil, jusqu’au garage en bas de la station. « Il me reste encore à apprendre les systèmes hydrauliques et les schémas électriques pour pouvoir faire des recherches de pannes toute seule. »

Photo Le DL/Cyprien Durand-Morel
Photo Le DL/Cyprien Durand-Morel

Maman d’une petite fille de tout juste un an

Elle ouvre un classeur tel un cahier de cours, où elle note toutes les pannes rencontrées. « Des fois, les chauffeurs arrivent à se dépanner eux-mêmes car ils connaissent les bases. » En cas de panne importante et non résolue, le trio de techniciens fait appel au constructeur de la dameuse qui vient sur place apporter son expertise.

Son autre travail de l’ombre est celui de maman. « Ma fille a eu tout juste un an. Entre le garage, les vaches familiales et le ski, elle a l’embarras du choix », en rigole la mère de 26 ans. Pour son travail et son enfant, elle a même décliné l’invitation de l’émission “Le Meilleur pâtissier” sur M6.

Décidément, Marine Arpin réserve son lot de surprises et n’en finit plus de révéler ses talents cachés.

Article issu du Dauphiné Libéré

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