Zéro déchet sauvage en montagne en 2030, c’est possible ?

Un mégot jeté du télésiège, un paquet de mouchoirs qui tombe de la poche pendant qu’on skie, un emballage de pique-nique qui reste dans la nature après une sortie VTT : en montagne aussi, les déchets sauvages peuvent se multiplier. Et ils sont même particulièrement visibles sur des sites aussi naturels. C’est pour cela que de nombreuses actions de ramassage existent, notamment dans les stations au printemps, afin de nettoyer la montagne. Si ces campagnes ponctuelles, menées par les acteurs du territoire ou les associations, sont primordiales, elles ne sont pas suffisantes. Pour structurer l’effort de la filière, l’association Mountain Riders, a lancé un programme global avec un objectif ambitieux : zéro déchet sauvage en montagne, à l’horizon 2030.

Les origines multiples de la pollution

« L’année passée, on a accompagné 39 ramassages et on a récolté près de 11 tonnes de déchets », comptabilise Emilie Maisonnasse, responsable du projet Montagne zéro déchet pour l’association. « Cela fait 22 ans qu’on fait des ramassages mais, depuis trois ans, on utilise une méthode pour caractériser ces déchets. On a compté les mégots, les jalons de piste, les cordages de sécurité, les forfaits de ski, les gaines. » Un constat a alors été dressé : les origines de la pollution sauvage sont multiples. « Il n’y a pas que les touristes, les exploitants, les hébergeurs ou les restaurateurs. Il faut donc qu’on fédère tout le monde, car c’est l’affaire de tous. »

Les collectes de déchets ne suffisent pas. Photo Mountain Riders
Les collectes de déchets ne suffisent pas. Photo Mountain Riders

Des acteurs engagés

Entre octobre 2022 et mars 2023, une charte a donc été coconstruite avec les acteurs qui s’engagent aux côtés de Mountain Riders, comme Domaines skiables de France (DSF), Nordic France ou encore le Syndicat national des moniteurs du ski français (SNMSF). « C’est très enthousiasmant, on sent qu’il y a un vrai bel engagement historique et écologique. Notre philosophie est celle du faire-ensemble et là, on est dans la plus pure expression. » Ces acteurs se sont engagés à créer un plan d’action sur trois ans, afin de structurer la lutte de leur côté. Un point sera fait chaque année, avec comme objectif de réduire le volume de 10% d’ici l’an prochain, puis de 40% en 2026, de 60% en 2028 et enfin de 100% en 2030.

Près de 70 collectes en 2023

Un objectif ambitieux, mais pas impossible pour Mountain Riders et ses partenaires. En effet, si l’association estime à 70 tonnes le volume total de déchets en montagne, Emilie veut croire que « l’espace reste malgré tout suffisamment préservé pour faire machine arrière. » Un enjeu d’autant plus important que les stations sont au départ du cycle de l’eau et que la pollution montagnarde ruisselle jusque dans l’océan. Pour cela, l’association espère accompagner pas moins de 70 collectes cette année, dans tous les massifs (on peut trouver la liste ICI avec déjà une trentaine de rendez-vous fixés), notamment au printemps et à l’été, quand la fonte des neiges se termine.

Caractériser les déchets sauvages permet d'avoir un panorama de ce qui est réellement jeté. Photo Mountain Riders
Caractériser les déchets sauvages permet d'avoir un panorama de ce qui est réellement jeté. Photo Mountain Riders

La ministre du Tourisme en soutien

D’autres acteurs comme Atout France, l’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), les Région Auvergne Rhône-Alpes et Sud, les organisations professionnelles représentant les accompagnateurs en montagne, l’Union Sports et Cycle, le Cluster Montagne et France Montagne sont également embarqués dans le projet. « La ministre du Tourisme, Olivia Grégoire, nous a également donné son soutien, le 16 mars à Grenoble », apprécie Emilie, qui y voit un signe fort en faveur de la dépollution des sommets.

Adopte un spot !

Pour aller encore plus loin, Mountain Riders a également lancé le programme Adopte un spot. « C’est un programme scientifique qui se fait sur un périmètre plus restreint, deux fois par an pendant trois ans. L’idée est de constater si on a une évolution de la pollution sauvage », détaille la responsable.  A Chamonix, Chamrousse ou encore Valberg, des spots ont été identifiés et seront scrutés dans les prochaines années, en attendant d’autres projets, aux Gets ou à Font-Romeu par exemple.

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