Idée rando : aux aiguilles de Chabrières, un panorama qui se mérite

Les aiguilles de Chabrières ? « C’est un magnifique belvédère sur le lac et les sommets environnants. Il rivalise clairement avec le Morgon », sourit Agnès Vivat, chargée de mission Natura 2000 pour les deux secteurs. Il faut dire que même à leurs pieds, les aiguilles dénotent par leur silhouette effilée qui vient cisailler le ciel haut-alpin. « Cela fait leur différence par rapport aux autres sommets de l’Embrunais, plutôt mastoc », souligne Jean-Marc Roux. Moniteur de ski et accompagnateur en montagne, il peut les contempler depuis son balcon. Par la photo, il les a immortalisées à maintes reprises, avec un intérêt pour les soirées d’automne. « Des couleurs de dingue ! », assure le quinquagénaire.

Une randonnée exigeante mais gratifiante

L’été, les aiguilles sont au cœur d’une sortie pédestre exigeante. « Il faut une bonne condition physique et ne pas avoir peur du vide », prévient Jean-Marc Roux. Ce n’est pas la portée de tous les pieds et il faudra user de ses mains, certes. Mais la sortie est gratifiante, assurément. « Chaque fois que j’y monte, je ne m’en lasse pas », abonde Rachel Coeurdane. La Haut-Alpine court sous les couleurs de la “Brooks Run happy team” et s’y rend « une quinzaine de fois » par an. Parfois en courant, depuis l’un des départs de la randonnée : le lac de Saint-Apollinaire. Aller-retour, il faudra alors compter environ 6 heures de marche pour près de 1 000 mètres de dénivelé.

À partir du secteur Serre-Mouton, les crêtes permettent d’apprécier les aiguilles de Chabrières d’un côté et le lac de Serre-Ponçon de l’autre. Photo Le DL/Guillaume FAURE
À partir du secteur Serre-Mouton, les crêtes permettent d’apprécier les aiguilles de Chabrières d’un côté et le lac de Serre-Ponçon de l’autre. Photo Le DL/Guillaume FAURE

« L’impression d’être dans des petites Dolomites »

Tout commence par une ascension en forêt. De quoi ravir la traileuse en raison du « sentier un peu joueur » qui y serpente. Entre deux foulées, il faut ouvrir l’œil. « Autour du lac, on retrouve l’astragale queue-de-renard. Une grande espèce de papilionacé avec des grappes de fleurs reconnaissables. Une belle plante très patrimoniale », expose Agnès Vivat.La cabane de Joubelle passée – et des lignes à très haute tension –, puis la forêt, le cheminement sur les crêtes commence. Serre-Ponçon se laisse déjà contempler. Et sous les pieds ? « Une végétation alpine classique, mais de très jolis milieux bien conservés », décrypte Agnès Vivat. Sous cette même crête, il y a aussi des invités de marque. « Un aigle royal niche régulièrement là, entre le col de la Gardette, à Chorges, et les aiguilles », poursuit la chargée de mission Natura 2000. En 2021, un aiglon avait pris son envol. Les rapaces seront peut-être à portée de jumelles.

Et, à la faveur d’une dernière butte, les aiguilles de Chabrières se dévoilent. « On découvre un paysage atypique, résume Rachel Coeurdane. On a l’impression d’être dans des petites Dolomites. » Le massif italien, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, comme référence visuelle : excusez du peu. Selon la motivation, la randonnée peut alors s’arrêter au belvédère en bois ou à la table d’orientation non loin.

Photo Guillaume FAURE
Photo Guillaume FAURE

Tous les sommets environnants à portée de vue

« Il y a vraiment trois phases » dans la randonnée, analyse Jean-Marc Roux, qui a vécu un temps adossé aux aiguilles. La deuxième commence lorsqu’un panneau avertit d’un itinéraire difficile. « Quand on distingue les aiguilles, on se dit comment on va là-haut, sourit la traileuse. Mais ensuite, on passe dans la brèche pour arriver en haut ! » Voilà alors une autre curiosité : les oucanes. « Un système karstique », explique Agnès Vivat, arrivé là au fil de la tectonique et de la géologie. « Ça peut ressembler de loin à un glacier rocheux », jauge le photographe haut-alpin. D’autres y verront un aspect lunaire.

Là encore, la marche de retour peut être décidée. Ceux sûrs de leurs aptitudes iront toutefois au sommet. « La troisième phase. » Il faudra s’aider de ses mains, se faufiler dans une chatière et toiser une vire aérienne – même si une main courante a été installée à l’été 2022. Et après ? « On est perché au sommet de quelque chose d’incroyable, assure Rachel Coeurdane. On se sent bien : on voit le lac, on a un paysage à 360° sur toutes les montagnes environnantes ». Le Morgon – tiens donc —, l’Embrunais, les Écrins… La Haut-Alpine a déjà pu profiter des lieux de nuit. L’occasion d’un « spectacle hors du temps ».

L’heure du retour a sonné. Sur le même chemin en sens inverse ou en faisant une boucle autour des aiguilles. Jusqu’à la prochaine ascension, par une variante, évidemment.

Photo Guillaume FAURE
Photo Guillaume FAURE
Accès et variantes

► L’un des départs est au lac de Saint-Apollinaire (D 509T). Se garer juste avant, sur un petit parking situé sur la droite. Après la randonnée, un bistrot près du lac permet une pause. Il faut compter 6 heures. Au niveau des aiguilles, les repères sont des points bleus.
► L’autre option majoritaire est celle au départ de la station de Réallon (D609) où il faut se garer sur le front de piste. L’été, l’accès au pied des aiguilles est possible grâce au télésiège. Après les aiguilles, direction les secteur des Rougnous puis de Font-Renarde (s’attendre à au moins 5 heures de marche).
► Les aiguilles sont accessibles depuis le col de la Gardette à Chorges où le départ peut se faire du parking des Chirouzes (compter 6 h 30 pour près de 1 000 mètres de dénivelé).

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