Idée rando : de cascade en cascade vers le refuge de Sales

En Haute-Savoie, le cirque du Fer-à-Cheval, tout le monde (ou presque) connaît. Jumeau de celui de Gavarnie dans les Pyrénées, c’est le site le plus visité et le plus connu du Giffre. Cet immense arc de cercle calcaire de 4 km de développement, barré de cascades et dont les falaises escarpées peuvent atteindre 700m de hauteur, ferme la vallée, à l’Est. Ce n’est pourtant pas là que nous vous guiderons mais dans un vallon voisin, creusé par le torrent de Sales et avant lui, un glacier.

Au XVIIe siècle, et sans doute déjà bien avant, ce vallon de Sales était fréquenté par les paysans du Giffre, à la belle saison. Pendant que les hommes continuaient de cultiver les terres dans la vallée, femmes, enfants et vieillards empruntaient l’étroit vallon avec parfois 200 têtes de bétail, jusqu’à un immense alpage à 1877 m d’altitude. Une centaine de chalets d’alpages avaient été construits, ainsi qu’une petite chapelle.

Puis le temps a passé, et l’alpage a fini par être abandonné au début des années 70. Dix ans plus tard, la vie a pourtant repris, les chalets les moins délabrés transformés en résidences secondaires. Et l’un d’eux, restauré par Roland et Élisabeth Mogenier est devenu en 1981 le refuge de Sales. Son accès, uniquement piéton, offre une montée ombragée d’environ deux heures (et de 750m de dénivelé), dans un paysage d’une rare sauvagerie. La randonnée n’est certes pas secrète mais pour peu que vous acceptiez de vous lever tôt pour vous trouver à pied d’œuvre vers 8 h 30, le sentier des cascades deviendra vôtre. Totalement.

Sous les anciens alpages de Sales, la dernière des cinq chutes d’eau, la magnifique cascade de Trainant. Photo Le DL/Philippe CORTAY
Sous les anciens alpages de Sales, la dernière des cinq chutes d’eau, la magnifique cascade de Trainant. Photo Le DL/Philippe CORTAY

Un enchaînement de chutes d’eau

Pour s’y rendre en voiture, il faut viser la cascade du Rouget depuis Sixt-Fer-à-Cheval (rive gauche du Giffre), dépasser ladite cascade non sans s’arrêter un moment pour l’admirer, puis vous garer au lieu-dit le Lignon. Là, oubliez votre voiture et pénétrez ce lieu exceptionnel.

Le chemin monte dans une forêt d’épicéas. Sur votre gauche, la barre rocheuse qui vous domine en faisant rempart au soleil marque la fin des Faucilles du Chantet. Plus haut, derrière ce rempart naturel, la pointe de Sales domine, culminante à 2497m. Le bruit de l’eau se fait de plus en plus présent. Et d’un coup sur votre droite surgit la première cascade, « la Pleureuse ». Si le flux principal coule à gauche de la chute d’eau, cette dernière profite des roches polies par l’ancien glacier qui a taillé ce vallon, pour dévaler en éventail. Il n’est pas rare de voir un arc-en-ciel se former au pied de cette chute majestueuse.

Plus loin, à la croisée des sentiers, à droite toute. Bientôt sur votre gauche, la cascade de la Sauffaz se dévoile à son tour. Le sentier débouche maintenant sur un évasement du vallon et les épicéas cèdent la place à une petite prairie. Le sentier chemine parallèlement au torrent de Sales, jusqu’à une petite passerelle en métal qu’il ne faut pas emprunter. Descendez jusque dans le lit du torrent et regardez vers l’aval, la vue vaut le détour…

Ici, la nature est si luxuriante et préservée que le lys martagon pousse au bord du sentier. On ne ramasse pas ! Vous vous trouvez dans la réserve naturelle de Sixt-Passy, la cueillette est rigoureusement interdite !

Après la première cascade - La Pleureuse -, le vallon s’ouvre. Photo Le DL/Philippe Cortay
Après la première cascade - La Pleureuse -, le vallon s’ouvre. Photo Le DL/Philippe Cortay

Une arrivée dans l’alpage, seuls !

Au resserrement du vallon, vous entrez dans les gorges de Sales, lorsque surgit une nouvelle cascade, éponyme. Pour passer au-dessus, le sentier devient plus escarpé, vertigineux. Si vous êtes accompagnés d’enfants, un petit briefing de prudence s’impose. Même si le Pas de Sales, d’une longueur d’environ 200m, est équipé d’un garde-fou en chaîne et d’une main courante en câble, il est bon de choisir de marcher côté paroi plutôt que côté vide. Mais n’angoissez pas non plus, profitez plutôt de la vue, c’est magique !

Un peu plus loin sur votre gauche, deux chutes d’eau coulent le long de la falaise. Elles surgissent de la roche dans le tiers supérieur de la paroi, résurgences des nombreuses rivières souterraines qui sillonnent ce massif. Arrive la cascade du Trainant où l’on peut tremper ses pieds dans l’eau (très) fraîche. Au-dessus de cette dernière chute, l’empreinte du Désert de Platé voisin se fait sentir, et le calcaire prend possession des lieux. Fini l’ombre protectrice, ici le soleil darde, gommé par le vent dominant.

Le refuge de Sales, pour se rafraîchir, se restaurer et pourquoi pas, passer une nuit à 1 877 mètres, à quelques encablures du Dérochoir. Photo Le DL/Philippe Cortay
Le refuge de Sales, pour se rafraîchir, se restaurer et pourquoi pas, passer une nuit à 1 877 mètres, à quelques encablures du Dérochoir. Photo Le DL/Philippe Cortay

Un alpage baigné par le torrent et l’herbe grasse

Soudain, une grande croix de bois au détour du sentier. Ce dernier s’aplatit et le vallon cède la place à un plateau : l’alpage de Sales. En y arrivant après deux heures de marche, on comprend mieux pourquoi les paysans du Giffre le prisaient tant. Le lieu est baigné par le torrent et l’herbe grasse. Le relief doux s’étire jusqu’au lointain Dérochoir, surplombant de très haut la petite station de ski de Passy Plaine-Joux.

Le refuge de Sales est le premier sur votre gauche, cent mètres après la petite chapelle du XVIIe siècle adossée à un gros rocher et récemment restaurée. Il est temps de poser son sac et de se promener alentour en attendant midi pour goûter aux plats montagnards du refuge, tenu par Marlène et Christophe (la descendance des fondateurs), épaulés par Clément et deux saisonniers népalais, Pur et Bis. On ne louera jamais assez le goût de leur omelette garnie ou de leurs desserts aux myrtilles !

Une fois restaurés et baignés du soleil de l’alpage, il vous faudra redescendre. La descente n’est pas monotone quoique par le même sentier. Elle permet de découvrir le paysage qu’on avait dans le dos à la montée. Et on peut vous assurer qu’il en vaut la peine !

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