Comment fabrique-t-on une paire de skis ? Un spécialiste nous explique

Au commencement était le bois. Car oui, pour créer une paire de skis, que ce soit pour chausser un débutant sur une piste verte ou bien des champions olympiques sur les descentes les plus difficiles du monde, la base d’un ski reste la même. « C’est vraiment l’âme du ski », philosophe Loïc Le Bouffant, prototypiste pour la marque Salomon, à Annecy (Haute-Savoie).

« C’est un morceau de bois. Ca peut être du peuplier, du frêne ou des bois plus légers comme le karuba. » En effet, chaque essence présentera des propriétés différentes et on ne pourra pas avoir la même utilisation avec des bois très rigides qu’avec des planches plus souples.

Autour du noyau, des matériaux modernes

Une fois cette pièce choisie et profilée (en choisissant la largeur, la longueur et la forme exacte du ski, dont on vus parle ici), on y ajoute différents matériaux modernes. Ça peut être de la fibre de basalte, de la vibre de verre ou de la fibre de carbone, que ce soit pour un ski de course ou un ski de tous les jours », enchaîne Loïc. « C’est ce qui va apporter la résistance, l’élasticité et la durabilité du ski. »

Les noyaux attendent leur habillage. Photo Le DL/H.R.
Les noyaux attendent leur habillage. Photo Le DL/H.R.

A chaque matériau son caractère

Ce procédé permet aussi d’opérer des variations sur le « toucher de neige » du ski. Sera-t-il nerveux ? Tolérant ? Intransigeant ? Doux ? L’assemblage des fibres et la manière dont elles sont ajoutées sur le noyau (de manière verticale, horizontale ou en diagonal) définissent le caractère du ski. « Si on met de la fibre de verre, on n’aura pas le même toucher de neige qu’avec de la fibre de basalte par exemple. Et si on allie les deux, ça donnera encore autre chose. »

La semelle pour glisser, les carres pour tourner

Une fois le cœur du ski conçu, reste à lui ajouter une semelle en polyéthylène, avec le décor choisi par la marque. La plupart sont toutes noires, mais il arrive aussi que les marques y apposent leur logo, voir le stylise, notamment sur les skis de freeride ou de freestyle. Vient ensuite le moment d’ajouter des carres en métal (avec un joint en caoutchouc pour aspirer certaines vibrations) pour permettre au skieur de tourner et freiner. Au-dessus de ces carres, on retrouve des chant ABS, qui servent à protéger l’ensemble.

Un assemblage savant pour trouver la bonne glisse. Photo Le DL/H.R.
Un assemblage savant pour trouver la bonne glisse. Photo Le DL/H.R.

« Assembler plein de matières qui n’ont rien à faire ensemble »

Reste alors à ajouter la partie supérieure du ski, celle qui sera visible par les skieurs, appelée le topsheet, qui a pour but d’être joli, mais aussi de protéger le noyau de l’eau. Une fois tous ces éléments choisis on en fait une sorte de gros sandwich multicouche « qu’on chauffe aux alentours de 120 à 130°C », et on le presse à l’aide d’une grosse machine.

« En gros, construire un ski c’est assembler plein de matières qui n’ont rien à faire ensemble et s’assurer que le produit dure dans le temps », observe Loïc Le Bouffant. Après, il ne reste plus qu’à y ajouter les fixations, et voila cette simple planche de bois partie pour une belle vie sur la neige !

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