« Je suis étonnée qu’il y ait autant de monde. » Postée devant le stand de tir de biathlon de Corrençon, Laura observe le ballet des biathlètes amateurs. Sans les rejoindre ? « Je suis nulle, plaisante la trentenaire. Mais ce sport est incroyable ! » En ce mercredi 18 février au matin, les passages de skieurs ne faiblissent pas. Seuls les claquements secs des carabines troublent la quiétude du lieu. « Je pense qu’avec les Jeux olympiques, les gens ont envie de tester. »
Céline Zanella, directrice de l’École du ski français nordique de Villard-de-Lans et de Corrençon confirme : « La demande en biathlon a doublé par rapport à l’hiver dernier. » Avec les médailles d’Émilien Jacquelin en biathlon et de Mathis Desloges en ski de fond, « deux enfants du pays », tout le monde « veut se mettre dans la peau du champion. Donc pour nous, les JO représentent la plus belle des vitrines ». Aidé par un bon enneigement, le succès semble assuré pour la saison. Reste à savoir si l’engouement perdurera. « Il ne s’agit pas d’un effet de mode », assure Céline Zanella.

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« J’ai vu Martin Fourcade et je me suis dit : “Je veux faire ça !” »
Liz-Thi Lamour, 18 ans, en est la preuve. « J’ai découvert le biathlon pendant les Jeux olympiques de Vancouver, raconte-t-elle, skis aux pieds. J’ai vu Martin Fourcade et je me suis dit : “Je veux faire ça !” » Depuis, celle qui évolue au pôle Espoirs de Villard-de-Lans enchaîne les entraînements, désireuse d’atteindre le plus haut niveau. Déterminée, elle s’éloigne sur les pistes, portée par son rêve : participer un jour aux Jeux olympiques.
« Nous à cause des JO, on est moins sur les pistes et plus souvent devant la télé pour regarder les épreuves », plaisante Catherine. À ses côtés, Auguste, son fils de quatre ans, qui « connaît tous les noms des athlètes français », s’installe dans sa luge bleue. Sa mère le regarde avec amour, prête à partir pour une matinée de ski de fond – sport également en vogue grâce au Jeux. « Aujourd’hui, on ne sera pas vraiment en mode JO, sourit Catherine. La sortie sera plutôt contemplative. »
À quelques mètres de là, en revanche, rien de contemplatif. Deux frères s’activent autour d’une luge. Tête en avant, l’un d’eux s’élance sur une pente d’une dizaine de mètres. Arrivé en bas, il jubile : « Record battu ! » lance-t-il, narquois. Insatiable, il remonte le talus. « C’est trop bien, le skeleton ! » Un futur sport tendance grâce aux JO ?
Article issu du Dauphiné Libéré