Bilan hivernal positif pour le leader de la distribution alimentaire en montagne qui affiche une hausse de 5,6 % de son chiffre d’affaires et veut être au rendez-vous de la saison estivale. Été qui pèse de plus en plus pour les adhérents.
La neige joue les prolongations en station. En plaine, au camp de base de Sherpa à Drumettaz-Clarafond, le moral des équipes est au beau fixe. Née en 1988, l’enseigne de distribution alimentaire est toujours en tête de cordée en montagne avec 124 magasins dans 97 stations des Alpes, Jura et Pyrénées. Et les adhérents de la coopérative, à l’image de Frédéric Mauduit, directeur général adjoint, qui gère trois magasins à Peisey-Nancroix, Peisey-Vallandry et Plan-Peisey, sortent rincés d’une saison hivernale qui a battu des records de fréquentation. Rincés mais heureux !
Une saison portée par une affluence exceptionnelle
« À fin mars, le bilan de l’hiver est positif, avec une augmentation du chiffre d’affaires de + 5,6 % par rapport à 2024, à parc constant » relève Astrid Gévaudan, directrice générale. De bon augure pour le résultat annuel qui en 2024-2025 s’élevait à 140 millions d’euros. Car même si l’été compte de plus en plus, c’est en hiver que la majorité des magasins réalise 80 % du chiffre d’affaires. Et cet hiver, les vacanciers ont été au rendez-vous. « Dès décembre, les taux de remplissage ont été très bons, 85 % pour Noël ; 90 % pour le jour de l’An ; janvier avec ses tarifs compétitifs et son assurance neige aussi. Et les deux semaines centrales à toutes les zones des vacances de févier ont fait le plein à plus de 90 %, Français et étrangers confondus en station » détaille la directrice générale de Sherpa, évoquant aussi des belles performances pour mars.
Un bel hiver conjugué à « la dynamique des coopérateurs sur le terrain » qui savent adapter leur offre et services pour coller aux attentes des vacanciers mais aussi aux besoins de la clientèle locale et des saisonniers, voilà la recette du succès de Sherpa, assure l’équipe.
« Les rayons à la coupe, charcuterie, fromages, traiteurs sont de plus en plus prisés, les produits régionaux sourcés en ultra-local ont la cote, tout comme les caves à vins » précise Frédéric Mauduit. Il confirme « les courses plaisir » faites par une clientèle plutôt typée CSP + et urbaine, en pleine saison, information révélée par l’étude menée par le CSA pour Sherpa en 2025.

Expansion du réseau et modernisation des points de vente
Pour tenir son rang de leader , l’enseigne qui emploie jusqu’à 850 personnes en haute saison, mise tout sur l’accueil en magasin, déployant progressivement son nouveau concept avec mobilier bois et matériaux bruts (25 % du parc équipé pour l’hiver prochain) et sa nouvelle identité visuelle (“Mon super marché Sherpa”), déjà installée elle dans 50 % du parc. Parc qui compte trois nouveaux magasins à Termignon et aux Aillons (Savoie), et à Morillon (Haute-Savoie). « Il s’agit de reprises d’autres enseignes ou de magasins qui rouvrent » précise la directrice qui annonce également l’ouverture d’un nouveau magasin cet été à Courchevel.
L’été 2026 est désormais dans le viseur de Sherpa. 120 des 124 magasins seront ouverts. « L’été progresse depuis le Covid », assure Frédéric Mauduit. Certains magasins réalisent même la moitié de leur chiffre d’affaires à cette période jusqu’à 58 % dans le Queyras, 50 % à Chamonix, ou presque 40 % à La Féclaz. Avec une offre adaptée. Fondue, raclette, charcuterie et fromages restent des combos gagnants, mais fruits, légumes, viande à griller, snacking et glaces viennent étoffer les rayons. Sans oublier des bornes de recharge pour vélo électrique qui poussent un peu partout… « 40 % des magasins sont aussi ouverts à l’année pour ceux qui vivent en montagne. On s’adapte, chaque adhérent est indépendant. Nos magasins ne sont pas gérés depuis Paris ! »
Sherpa a noué un partenariat avec l’association Mountain Riders, qui milite pour une montagne plus durable et plus humaine. Objectif : sensibiliser les adhérents et salariés, avec un plan d’actions pour accompagner les magasins vers des pratiques toujours plus vertueuses. L’enseigne est également engagée depuis plusieurs années avec l’Anena pour venir en aide aux maîtres-chiens d’avalanche, « un chaînon précieux de la solidarité en montagne ».
Article issu du Dauphiné Libéré