Le samedi 25 avril, Mathéo Jacquemoud et Samuel Equy, vainqueur de la Patrouille des glaciers 2026, ont réalisé l’aller-retour Chamonix – mont Blanc à ski en 4 heures 41 minutes et 24 secondes, améliorant de deux minutes le record établi le 31 mai 2025 par l’Italien William Boffelli (4 h 43’24).
Les deux skieurs-alpinistes se sont élancés à 6 h 56 depuis le parvis de l’église de Chamonix (1 030 m), en direction du sommet à 4 806 m. « J’ai pu faire quelques repérages durant la semaine mais il faut être très conscient d’une chose avec cet itinéraire. Avoir des conditions idéales dans tous les secteurs est impossible », assure Mathéo Jacquemoud qui enchaîne après sa traversée express des Alpes et son record sur l’itinéraire mythique de Chamonix – Zermatt.
Parfois, je me demande pourquoi on s’élance sur ce genre de record…
Mathéo Jacquemoud
Un défi partagé plus qu’un objectif
Pourtant, l’alpiniste n’avait pas spécialement prévu de se mesurer à une ascension rapide du plus haut sommet du continent cette saison : « Je l’avais déjà fait il y a 13 ans mais le fait de pouvoir partager ce moment avec Samuel a beaucoup compté. Le mont Blanc, c’est un sommet magnifique sous toutes ses facettes. »
Coéquipiers en équipe de France et champions du monde de ski-alpinisme par équipes en 2022, les deux hommes ont évolué dans des conditions glaciaires difficiles. À la Jonction, une large ligne de rupture coupait le secteur en deux, rendant la progression plus complexe qu’en 2025. Des chutes de séracs au pied de la face nord ont également imposé une vigilance accrue dans la descente.

Une performance qui lance la saison
Samuel Equy a atteint le sommet en 3 h 41, Mathéo Jacquemoud en 3 h 42. La descente a été bouclée en 1 h 00’40, malgré une neige dure et travaillée par le vent. Une performance qui pourrait bien lancer la saison des tentatives sur le toit de l’Europe.
Une vision qui peut être critiquée par une partie du monde montagnard. « Parfois, je me demande pourquoi on s’élance sur ce genre de record. Ici, ce n’était pas pour prouver au monde entier que je pouvais le faire en 4 h 41. C’est un moyen de me tester sur des efforts comme celui-ci. On passe des heures en montagne, on prend aussi le temps de contempler, même si on y arrive aussi dans des cas comme aujourd’hui. On a un terrain de jeu exceptionnel, toutes les visions peuvent cohabiter », conclut Mathéo Jacquemoud.
Article issu du Dauphiné Libéré