Le barrage le plus haut de France est à 128 mètres de plus que d’habitude

Depuis dix ans, le barrage hydroélectrique de Tignes ’avait pas connu un tel volume d’eau.

À la mi-novembre, la surface du lac du Chevril a atteint 1 788 mètres au-dessus du niveau de la mer. « C’est le fruit de la gestion programmée et maîtrisée de la fonte des neiges et des épisodes de pluie cette année », argumente Johan Perrichon, responsable de l’exploitation de Tignes-Malgovert, pour EDF Hydroalpes.

Jusqu’à 1/4 de la production d’électricité en France

À l’approche de l’hiver, la réserve en énergie renouvelable est on ne peut plus parée pour répondre rapidement et efficacement à la demande du réseau électrique français. Avec ses 235 mètres cubes, soit 110 000 piscines olympiques, l’aménagement tignard peut représenter jusqu’à 25 % de la production d’électricité en France, lors des pics de consommation. En hiver, de la mi-novembre à fin mars, les besoins se concentrent généralement en semaine, le matin ou en début de soirée.

Une montée des eaux à anticiper

« Nous avons une stratégie globale de stockage important pour l’hiver, mais cela dépend de la matière première que l’on reçoit chaque année. On essaie d’anticiper au maximum et de s’appuyer sur les prévisions que l’on reçoit sur deux semaines ».

Grâce à des systèmes de surveillance, le niveau de l’eau est mesuré en temps réel par une trentaine de techniciens, en amont du barrage. Des précautions de sécurité accrues par la fréquentation touristique que connaît le site, même en période hivernale. « On avait encore une marge d’une dizaine de centimètres, avant que la capacité maximale soit atteinte », précise le trentenaire, Johan Perrichon.

À la mi-décembre, la réserve du barrage a déjà perdu 60 millions de mètres cubes. Cette montagne d’eau n’aurait pu être accueillie, sans l’anticipation de travaux de maintenance effectués à l’automne, où l’infrastructure a quasiment été mise à nue.

 

A Tignes (Savoie), le 12 décembre 2024. A Tignes, le niveau du barrage est élevé depuis cet automne. Le plus haut niveau d'eau, mesuré en novembre, a été de 1788 mètres. Photo : Tom Pham Van Suu / Le Dauphiné Libéré Photo Tom Pham Van Suu
A Tignes (Savoie), le 12 décembre 2024. A Tignes, le niveau du barrage est élevé depuis cet automne. Le plus haut niveau d'eau, mesuré en novembre, a été de 1788 mètres. Photo : Tom Pham Van Suu / Le Dauphiné Libéré Photo Tom Pham Van Suu

Des travaux de maintenance cet automne

« Depuis le début de l’année, on avait turbiné l’eau, pour arriver en avril avec une cote très proche de celle de l’exploitation minimale ». Parmi les travaux les plus importants, une turbine de 45 tonnes, et de deux mètres et demi de diamètre, a été démontée puis restaurée pour la centrale des Brévières. « Il faut imaginer un gros robinet en acier, où l’eau transite comme dans la roue d’un moulin. Elle va générer de l’électricité via un alternateur », détaille le technicien qui a travaillé pour EDF en Maurienne. Les équipes du barrage ont la latitude d’avoir un marnage (variation du niveau de l’eau) extrême, du fait que l’équipement soit le plus haut barrage de France. À la fin mars, la cote devrait retrouver son niveau normal.

Article issu du Dauphiné Libéré

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