Les globules rouges sont les cellules sanguines qui transportent l’oxygène des poumons vers les tissus et qui éliminent le dioxyde de carbone. Mais lors d’un effort hors norme comme un ultra-trail, celles-ci ne se contentent pas de transporter l’oxygène ; elles subissent un stress majeur responsable d’un vieillissement prématuré. C’est en tout cas ce que démontre une étude des scientifiques de l’Université du Colorado Anschutz menée auprès de coureurs engagées sur des épreuves de trail très exigeantes.
L’étude, publiée dans la revue Blood Red Cells Iron, démontre que l’ultra-endurance déclenche une mort cellulaire programmée prématurée de ces cellules. Ce processus, réduit la durée de vie habituelle des hématies, les rendant moins efficaces et forçant le corps à les éliminer plus rapidement que prévu.
Les causes : entre chocs et stress oxydatif
Plusieurs facteurs expliquent ce vieillissement accéléré. D’abord, l’hémolyse mécanique : l’impact répété des pieds sur le sol (notamment en course à pied) brise physiquement les cellules. Ensuite, le stress oxydatif et l’augmentation de la température corporelle durant l’effort altèrent la membrane des globules rouges. Enfin, les changements métaboliques profonds liés à l’effort extrême créent un environnement hostile pour ces cellules vitales
Quelles conséquences sur les coureurs
Pour le principal auteur de l’étude, Travis Nemkov, il n’y a pourtant pas de quoi s’alarmer pour tous les athlètes qui n’ont pas d’atteinte préalable des globules rouges : « Nous ignorons combien de temps il faut au corps pour récupérer et si ce dommage a un effet durable, bénéfique ou néfaste. […] Le fait que ces coureurs aient déjà commencé à produire de jeunes globules rouges à la fin de l’ultra-trail témoigne de la capacité à s’adapter à ce stress. »
De plus l’étude porte sur seulement 23 participants avec une diversité limitée.
