Pour la première fois depuis sa création, l’Ultra-trail du Mont-Blanc s’attaque à la responsabilité individuelle des coureurs dans l’empreinte carbone de l’événement. À partir de 2026, venir courir autour du toit de l’Europe ne relèvera plus seulement de la performance sportive ou du rêve alpin, mais aussi d’un choix de mobilité assumé et chiffré.
Lundi 5 janvier, l’organisation du sommet mondial du trail chamoniard a détaillé la mise en œuvre concrète de deux mesures annoncées en 2025 : une contribution carbone obligatoire pour tous les participants et un bonus de 30 % de chances supplémentaires au tirage au sort pour celles et ceux qui s’engageront à venir avec un mode de transport limitant leur impact. Deux leviers pour atteindre l’objectif affiché de réduire de 20 % les émissions de l’événement d’ici 2030.
« La mobilité est notre principal moyen d’action »
« Et comme plus de 86 % des émissions carbone de l’UTMB proviennent des déplacements des coureurs pour rejoindre et quitter les vallées du Mont-Blanc, la mobilité est notre principal moyen d’action », résume Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l’événement. À partir de 2026, les candidats aux trois principales courses de l’événement pourront donc bénéficier d’un « boost » de 30 % au tirage au sort s’ils s’engagent à suivre un itinéraire moins carboné, sans usage de la voiture, selon des règles définies par l’organisation. Une nouvelle plateforme dédiée, UTMB GO, permet d’ores et déjà de comparer les options de transport recommandées. Statistiquement, les coureurs locaux et ceux qui feront l’effort de venir autrement auront donc davantage de chances de décrocher un dossard.
Ce bonus sera d’ailleurs accordé d’office aux habitants d’une trentaine de communes autour du Mont-Blanc. « On les incite à venir en transport en commun, mais les cordonniers sont parfois les plus mal chaussés », souligne Isabelle Viseux-Poletti, évoquant les difficultés d’accès ferroviaire depuis certains territoires pourtant proches, comme Bourg-Saint-Maurice par exemple.
Le deuxième pilier du dispositif se cache dans la contribution carbone obligatoire. Calculée sur la base des émissions liées à l’aller-retour du participant selon le mode de transport déclaré, elle peut ne représenter que quelques euros pour un coureur de proximité mais parfois dépasser les 100 euros pour un athlète venu de l’autre bout du monde. « Cette compensation sert aussi à faire prendre conscience de son impact », assume la directrice, qui parle d’un chemin vers un événement « le plus proche possible du net zéro, même si la notion est controversée ».
En cas de non-respect, l’inscription peut être annulée
Le groupe UTMB financera de son côté les émissions liées à l’organisation, aux bénévoles et aux prestataires. Les sommes collectées iront vers des projets certifiés de réduction ou de séquestration carbone, en France et à l’international, avec un rapport annuel détaillé à la clé. « Il ne s’agit pas de compenser pour oublier, mais de réduire d’abord, puis d’assumer collectivement notre impact », insiste l’organisation.
Dans un premier temps, l’engagement des coureurs reposera sur une déclaration sur l’honneur faute notamment de pouvoir acheter les billets de train au moment des inscriptions. Mais des justificatifs de transport et de domicile seront ensuite demandés au printemps. En cas de non-respect, l’inscription sera annulée, sans remboursement. « Pour vérifier tout ça, on fera appel à la technologie mais aussi à de l’humain, car il faudra forcément faire du cas par cas », assure Isabelle Viseux-Poletti qui peut s’appuyer sur le retour d’expérience du Marathon du Mont-Blanc. L’an dernier, l’autre événement trail de la vallée de Chamonix, qui a lui choisi de réserver des dossards aux coureurs prenant le train, a en effet mis en place une procédure similaire et fournit un gros travail de contrôle des billets de train que s’étaient engagés à prendre une partie des participants.
Quoi qu’il en soit, ces mesures constituent une étape importante pour l’UTMB qui aspire à être responsable au nom du climat tout en conservant la grandeur de son événement. Ce qui est tout sauf évident.
Les coureurs souhaitant prendre part à l’une des huit courses de l’Ultra-trail du Mont-Blanc qui se déroulera du 24 au 30 août prochains devront être attentifs au calendrier, étalé sur tout le mois de janvier. Les inscriptions à la TDS et à la YCC sont ouvertes depuis le 13 janvier à 11 heures. Pour ces épreuves, les premiers arrivés sont les premiers servis.
Pour les courses soumises à un tirage au sort (UTMB, CCC, OCC, MCC et ETC), la fenêtre d’inscription s’étendra jusqu'au 19 janvier à 23h59. Les résultats des tirages seront dévoilés le 22 janvier à 11 heures. Les coureurs tirés au sort auront ensuite jusqu’au 4 février à 23h59 pour finaliser leur inscription.
En fonction des dossards non confirmés, un second tour sera lancé à partir du 5 février, avec des candidats recontactés depuis la liste d’attente, dont la position ne sera pas communiquée. La date limite d’inscription pour ce second tour est fixée au 12 février.
Article issu du Dauphiné Libéré





