Chamonix : création d’une école nationale de secours en montagne pour les pompiers

Après l’École nationale de ski et d’alpinisme (Ensa), l’École militaire de haute montagne, le Centre national d’instruction du ski et de l’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) et le centre national d’enseignement à l’alpinisme et au Ski (CNEAS) des CRS, Chamonix abrite officiellement un nouveau centre national de formation lié à la montagne.

En effet, ce mercredi 1er avril, l’École d’application de la sécurité civile et le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Savoie ont scellé un accord actant la mise à disposition du centre de secours principal de Chamonix pour délivrer les formations montagne des sapeurs-pompiers.

« Faire de Chamonix notre centre de formation, c’est une régularisation plus qu’autre chose », précise toutefois le directeur du SDIS74, le colonel Nicolas Marillet. Depuis près de 20 ans, stagiaires et formateurs se succèdent déjà dans la vallée. 500 journées stagiaires y sont délivrées par an.

Ici, les soldats du feu amenés à évoluer dans le groupe montagne des sapeurs-pompiers apprennent déjà à évoluer sur la glace, le rocher, à skier ou encore à intervenir sur une avalanche. Une formation exigeante, articulée en trois niveaux, qui se structure un peu plus avec cette reconnaissance administrative.

Déjà bien rodé, ce nouveau centre de formation fonctionne de pair avec un autre site, au col du Lautaret, où sont délivrés les stages de survie des équipages de la Sécurité civile et l’adaptation neige des équipes des Groupes de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP).

Pour superviser cette école chamoniarde des pompiers, un fin connaisseur de Chamonix a été nommé en la personne du lieutenant-colonel Stéphane Marcellin. Ce dernier avait déjà commandé le centre de secours de la capitale de l’alpinisme à une période où il comptait sous ses ordres François-Xavier Laffin, le nouveau maire de la ville , pompier volontaire à l’époque. « Quand la nouvelle caserne de Chamonix a été construite, elle avait justement été dimensionnée pour accueillir ces activités de formation », signale à ce propos le nouvel édile.

Photo archive le DL/Louise Raymond
Photo archive le DL/Louise Raymond

« Un grand respect entre tous les acteurs du secours en montagne »

En juin prochain, une douzaine de stagiaires suivront un cycle initial d’une dizaine de jours. Un baptême qui donnera corps à cette nouvelle école. Et même si celle-ci gagne en visibilité avec cette officialisation, la signature de ce mercredi ne vient pas semer le trouble dans l’organisation du secours en montagne au pied du Mont-Blanc. En témoigne la présence amicale du commandant du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de la Haute-Savoie, Étienne Rolland. « Il y a un grand respect entre tous les acteurs du secours en montagne. Ce qui se fait ici marche », insiste à ce sujet le président du conseil départemental Martial Saddier, balayant les éternelles rumeurs de rivalités entre services.

Il n’empêche que la reconnaissance d’une autre école nationale n’est pas anodine quand un nouveau rapport de la Cour des comptes vient tout juste de pointer le coût de la coexistence des trois acteurs (gendarmes, CRS, pompiers) chargés du secours en montagne en France.

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