Entretenir les pistes de ski en été : pourquoi est-ce si important ?

Quand on les observe depuis la vallée, elles prennent de la place. Au milieu des arbres qui font du Jaillet un espace de randonnée accessible et agréable l’été à Megève, les pistes de ski se dessinent. Parfois exiguës, parfois larges, terrain de jeu préféré des amateurs de “carving” l’hiver, elles semblent être en veille dès l’aube des beaux jours et la fermeture des stations. Pourtant, ce sommeil apparent cache en réalité un travail de longue haleine pour les employés des Portes du Mont-Blanc, d’avril jusqu’aux premières chutes de neige.

« Beaucoup de gens ne le réalisent pas mais un domaine skiable, c’est sur toute l’année. L’hiver, on est vraiment sur de l’exploitation avec peu d’entretien à faire. C’est lorsque la saison est terminée que l’on s’attaque au gros du travail de mise à niveau », explique Cyril Guillou, directeur d’exploitation des Portes du Mont-Blanc.

« Les gens veulent plus de confort »

Concrètement, deux grands axes de travail se dégagent à cette période. D’abord, la partie maintenance/technique qui comporte majoritairement des interventions sur les remontées mécaniques. Puis, les travaux de piste. Ceux-ci consistent principalement en du débroussaillage, de la remise en état suite à des glissements de terrain ou du remodelage du tracé.

« On peut venir modifier une courbe ou un saut qui nous paraissent dangereux. C’est basé sur le retour des pisteurs et des clients. On regarde aussi l’évolution du ski avec des pratiquants qui sont de plus en plus attirés par des espaces larges qui permettent une glisse fluide… Les bosses ont un peu moins la cote. Les gens veulent plus de confort », détaille Cyril Guillou, mentionnant par ailleurs l’entretien paysager, notamment sur la problématique des arbres qui ont pu bouger ou tomber durant l’hiver.

Et tout ce travail a un prix. Chaque année, la station dépense entre 600 000 et 800 000 euros, uniquement pour l’entretien de ses pistes. Si ses 11 employés font en sorte qu’une grande partie des travaux soit effectuée en interne, elle fait aussi appel à des entreprises spécialisées. Le tout, en accord avec tous les acteurs institutionnels et socio-professionnels qui gravitent autour de ses bouts de montagne.

La cohabitation avec les randonneurs et les agriculteurs

« Aujourd’hui, on se doit de faire avec tout le monde. Il y a les communes, les propriétaires privés, les agriculteurs et les associations. C’est très réglementé de faire des chantiers en montagne donc on fait le nécessaire et surtout, on participe à la garder authentique et bien entretenue », précise le directeur d’exploitation.

Ces questions de cohabitation prennent forme dans la gestion des calendriers, notamment pour les randonneurs. Les équipes de Cyril Guillou vont tout faire pour finaliser le gros des travaux au printemps et à l’automne pour ne pas créer un nombre de nuisances trop important.

Avec les agriculteurs, le système est, lui aussi, bien huilé. Les exploitants du Jaillet font monter leurs bêtes en alpage pour que ces dernières puissent profiter un maximum de l’herbe et des fleurs de montagne. Une pratique qui réduit le volume de débroussaillage à réaliser : « Je dirais même que c’est un échange. Sans les pistes de ski, l’alpagiste aurait trop de mal à exploiter en montagne et sans eux, on aurait bien plus de travail. On leur met aussi à disposition l’eau des retenues qui servent à la production de neige artificielle. »

Un cercle vertueux que les Portes du Mont-Blanc comptent bien continuer à entretenir.

Article issu du Dauphiné Libéré

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