Ski : la France proche de redevenir numéro 1 mondial et passe devant les États-Unis

À l’exception des Deux Alpes, et son glacier du mont de Lans, ouvert en continu jusqu’en juillet, les dernières stations ont fermé leurs portes lors du grand pont du 1er mai. Domaines skiables de France (DSF), le syndicat des opérateurs, a arrêté son bilan au 10 avril. Et il esquisse une hausse de fréquentation de 1 %, ce qui laisse entrevoir un résultat final autour de 55,3 millions de journées/skieur, l’étalon de référence pour qualifier l’activité au niveau international. Un enneigement cumulé plutôt correct, malgré six semaines d’anticyclone en début de saison, deux semaines d’intempéries en février et un mois d’avril très chaud.

Or dans le même temps les organisations étrangères communiquent sur leur activité et si les bilans ne sont pas encore consolidés la tendance semble porter la France et ses massifs vers le premier rang mondial. Un niveau que la destination n’a connu qu’à quatre reprises depuis qu’un palmarès est véritablement consolidé en ce XXIe siècle. En 2008-2009, la France connaissait son pic de fréquentation sur les pistes (près de 59 millions de journées skieur), jamais retrouvé depuis, et devançait le leader américain. De même en 2011/2012 et 2012/2013, les massifs français étaient les plus fréquentés au monde (57,9 millions de journées/skieur). Un rang que la destination n’a plus connu depuis 2014/2015 (53,9 millions). Onze ans que les États-Unis brillent quasiment sans partage au sommet du marché mondial du ski qui l’an dernier a encore progressé.

Or les massifs américains, ont connu cet hiver un contexte climatique défavorable, la douceur et le manque de neige frappant le secteur phare de l’Ouest plus durement que la politique isolationniste du président Trump. Ils s’affichent en décroissance, selon la tendance communiquée cette semaine par la National Ski Areas Association (NSAA) qui fédère la filière. L’organisation annonce une estimation à 52,6 millions de journées skieurs soit une chute de près de 15 % de fréquentation (9,1 % par rapport aux dix dernières années), principalement en raison du manque de neige à l’Ouest, là où se trouvent ses stations phares, entre démarrage tardif, épisodes pluvieux et températures record en mars. Une chute que les domaines de moindre altitude à l’Est du pays et des Rocheuses, qui réalisent leur deuxième meilleure saison depuis dix ans, bénéficiant de températures plus basses, n’ont pu compenser.

Aux 2 Alpes (Isère), la saison continue jusqu’en juillet, grâce à la télécabine 3S du Jandri qui permet d’accéder au glacier du Mont-de-Lans (3400 m d’altitude). Photo Bertrand Riotord.
Aux 2 Alpes (Isère), la saison continue jusqu’en juillet, grâce à la télécabine 3S du Jandri qui permet d’accéder au glacier du Mont-de-Lans (3400 m d’altitude). Photo Bertrand Riotord.

Publication des chiffres à l’automne

Selon la NSAA la saison 2025-26 sur l’ensemble du pays a pâti du pire niveau d’enneigement depuis plus d’une décennie, un tiers en dessous de la moyenne de ces dix dernières années. L’organisation estime que les investissements en neige de culture ont contenu cette décru. Les stations américaines ont encore investi 569 millions de dollars (485 millions d’euros) dans leurs infrastructures l’an dernier (un peu moins qu’en France) dont 45 nouvelles remontées mécaniques.

Et l’achat des pass saisons qui représentent 49 % de leurs ventes de forfaits, un niveau qui se stabilise, permet aussi de conserver un haut niveau de recettes. Bref selon la NSAA, l’industrie des sports d’hiver américaine a prouvé sa « résilience » lors de cette saison difficile, misant sur un rebond l’hiver prochain.

Dans le même temps, l’autre rival sur la scène mondiale, l’Autriche (3e l’an dernier) a communiqué un premier bilan autour de 54 millions de journées/skieur selon le média spécialisé Seilbahnen International. Et les stations autrichiennes, plus en retrait depuis la reprise post-covid, d’afficher une croissance de 4 %.

Bref avec une première estimation supérieure à celle de ses deux concurrents, la France semble bien placée pour retrouver le leadership sur le marché du tourisme de neige. Mais du côté de domaines skiables de France on se refuse à crier victoire. Les dirigeants ne dévoileront les chiffres consolidés que fin septembre (23, 24, 25) lors du prochain congrès qui se tiendra à Valence. À noter que la Suisse, sixième marché l’an dernier, affiche un léger recul de 2 % selon l’association des remontées mécaniques suisses qui communiquera son bilan final en août.

Article issu du Dauphiné Libéré

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