Une colonie à la montagne qui vire au drame pour des jeunes vacanciers huppés. Le meurtre d’une ado sur un sentier va chambouler la tranquillité du séjour. Mais rassurez-vous, la commissaire Cassandre et le capitaine Pascal Roche sont sur le coup. Ils vont enquêter dans la station de La Plagne (Savoie), à l’hôtel “Carlina ”, renommé “Hôtel des glaces” pour le scénario. Vous découvrirez le dénouement de ce quarantième épisode au printemps prochain sur vos écrans. « Les premières minutes commencent à vélos électriques, sur le plateau de Cavard, lieu de la scène de crime », dévoile Cédric Eyssautier, directeur de productions de France Télévisions.
Pour se mettre dans le bain de la montagne, rien de mieux qu’une scène de tension en motoneige pour le duo d’acteurs Gwendoline Hamon et Alexandre Varga. « J’ai toujours eu la trouille de la motoneige depuis le tournage d’une course-poursuite à Chamrousse en 2016. Au début, je suis toujours un peu une chochotte et finalement je fais tout », confie celle qui joue la commissaire Cassandre, venue tout droit du 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire à Paris.
Les sensations fortes ? Le capitaine Roche, lui, en raffole. « Je suis toujours demandeur de cascades et je refuse toute doublure. Je suis de la génération Belmondo et ses figures me faisaient rêver », rappelle Alexandre Varga.
Un décor alpin aussi magique qu’exigeant
Pour ce nouvel épisode de “Cassandre”, le duo, après onze ans de tournage ensemble, n’avait jamais été en immersion en Tarentaise. « En 24 heures, je suis passé de la mer à Montpellier, aux montagnes enneigées de La Plagne. Le grand air, la magie des paysages, et un tournage tous ensemble à l’hôtel, nous donnent de l’énergie », se réjouit le comédien. Un décor qui tranche par rapport à leurs habitudes de tournage à Annecy ou à Lyon. Et pourtant, la première impression de Gwendoline Hamon était quelque peu mitigée. « Quand je suis arrivée, j’ai vu d’énormes tours dans le brouillard, on se serait cru à l’époque soviétique », avoue l’actrice. « Mais quand on skie ici, on a l’impression de pouvoir toucher la montagne. »
L’altitude n’a pas manqué de fatiguer les organismes, et a amplifié un rythme de tournage intense. « C’est dense, le service public a de moins en moins d’argent, les textes sont de plus en plus longs, et on a de moins en moins de jours pour tourner un épisode de 90 minutes », continue Gwendoline Hamon. « Heureusement, on ne s’ennuie jamais dans la série, car les intrigues sont bonnes, nos personnages évoluent, et les comédiens invités sont de très hautes qualités. » Même si les mêmes passages obligés de l’histoire se répètent. « En bon flic, on doit expliquer nos interrogations, nos hypothèses sur le crime, pour que le téléspectateur comprenne l’intrigue. Il faut rester naturelle malgré le côté rébarbatif ».
Pour la réalisatrice Mathilde Vallet, le décor de tournage a été du pain bénit. « On a l’impression d’avoir un fond vert à chaque scène, mais le paysage est bien réel. La montagne donne une ambiance, de la couleur à l’image. Par exemple, un contre-jour crée une silhouette et met en valeur l’horizon en arrière-plan. Dans les chambres de vacanciers, on est arrivé à filmer le décor carte postale à travers les fenêtres », cite celle qui a déjà deux tournages de “Cassandre” à son actif. De la gélatine a même été ajoutée sur les vitres pour éviter les entrées de lumières éblouissantes. Un petit détail qui illustre la reconfiguration totale de l’hôtel, entrepris par les cinquante techniciens présents sur le tournage.

Un hôtel transformé en véritable plateau de cinéma
« Quatre camions transportant du mobilier ont été affrétés depuis Lyon pour les besoins du tournage. À l’hôtel, des rippers, les déménageurs de cinéma, sont chargés de remplacer l’existant avec soin, pour disposer le nouveau », explique Cédric Eyssautier, directeur de production de France Télévisions. Un couloir de l’hôtel quatre étoiles a même été repeint en bleu pendant deux jours, pour jouer une petite minute de scène. « On va peut-être la conserver pour notre prochaine rénovation », approuve Vito Della Libera, manager général de l’hôtel Carlina, actuellement fermé. Un salon a même été transformé en boîte de nuit. Un quatuor de figurants venant d’Aime-la-Plagne, en bas de la station, a également fait partie intégrante du décor. « Je n’ai pas changé de vêtements depuis une semaine », rigole Nolan. Lui et ses amis doivent garder le silence entre les scènes et prendre leur mal en patience pour attendre leur tour.
Pour sa première incursion en Tarentaise, l’équipe de production de la série “Cassandre” a aussi posé ses caméras durant deux jours à la Filature Arpin, à Séez. « Ils cherchaient une tannerie, mais, en venant à la filature, ils ont apprécié le site », résume Fernando Almeida, directeur de production, enchanté de mettre en avant un site patrimonial et une des plus anciennes entreprises des Pays de Savoie (créée en 1817). Pour les besoins d’un autre épisode, intitulé “Sur un fil”, les lieux sont rebaptisés “Tissages Vence” et les vieux métiers à tisser ont tourné, avec Jacques Arpin parmi les figurants. Une forme de reconnaissance pour une entreprise emblématique des Alpes.
Article issu du Dauphiné Libéré