550 millions d’euros investis : cette grande station des Alpes prépare son futur jusqu’en 2052

La Plagne, première station de ski au monde avec 2,7 millions de journées skieurs (pour 57 000 lits touristiques), a conclu un contrat en or blanc. La Société d’aménagement de La Plagne (SAP), filiale de la Compagnie des Alpes et actuelle délégataire du contrat de délégation de service public, a été reconduite pour la gestion du domaine skiable de juin 2027 à 2052.

« Cette délégation de service public iconique était un enjeu stratégique fort pour la Compagnie des Alpes (CDA), qui souhaite rester un acteur majeur de la montagne et un partenaire privilégié des collectivités et acteurs locaux », a souligné Dominique Thillaud, directeur général de la CDA.

Le délégataire, qui a récemment perdu la main à Tignes, était en concurrence avec Altiservice, exploitant des domaines pyrénéens de Font-Romeu et Saint-Lary, mais aussi du téléphérique urbain de Toulouse.

« Des chiffres énormes, presque surréalistes ! »

Son dossier, conforme au cahier des charges du Syndicat intercommunal de la Grande Plagne (SIGP), affiche un chiffre d’affaires prévisionnel estimé entre 3,5 et 5 milliards d’euros et des investissements de l’ordre de 550 millions d’euros jusqu’en 2052. « Des chiffres énormes, presque surréalistes ! On a la chance de pouvoir se projeter sereinement sur l’avenir de notre domaine qui connaîtra à coup sûr un développement », a réagi Jean-Luc Boch, maire de La Plagne-Tarentaise et président du SIGP.

Soit une moyenne de plus de 22 millions d’investissements par an pour maintenir continuité, sécurité et performance des équipements et penser la diversification hiver comme été. À titre de comparaison, ce sont 130 millions d’euros qui ont été investis à Tignes sur les 35 dernières années.

La CDA a su se montrer convaincante, à l’heure où l’avenir des stations suscite des interrogations. « On voit souvent les gros exploitants comme des monstres, qui ne font pas le travail. Mais là, ils l’ont fait en étant force de propositions avec des idées qui nous ont même surpris, comme la gratuité des forfaits de ski pour les 5-14 ans », a ajouté Jean-Luc Boch. La CDA, détenue à 40 % par la Caisse des dépôts, a de fait “les reins solides”.

Photo Adobe Stock
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« En déléguant la gestion, nous allons économiser 2,5 millions par an »

Le nouveau contrat dépasse largement l’aménagement et la gestion du domaine skiable : transport public de personnes par navettes gratuites ou en remontées mécaniques en cohérence avec les heures d’ouverture de la station (« comme nous le faisons à Val d’Isère », souligne David Ponson, directeur de la division montagne de la CDA), les stades de slalom et, à partir de 2030, la piste de bobsleigh. « Ces équipements ont coûté beaucoup d’argent aux collectivités. En déléguant la gestion, nous allons économiser 2,5 millions par an », estime Jean-Luc Boch. La SAP va voir ses effectifs passer de quelque 700 employés à plus de 800.

Le SIGP a aussi négocié des redevances pour un meilleur retour des recettes sur le territoire : les collectivités (La Plagne-Tarentaise, Aime-la-Plagne et Champagny-en-Vanoise) espèrent récolter plus de 15 millions d’euros de redevances liées aux performances du délégataire, contre 6,5 millions actuellement.

Avec ce type de gestion, les élus gardent le pouvoir de valider ou pas toute modification tarifaire, qu’ils veulent garder mesurée. « Pour nos actionnaires, cette DSP a été renouvelée dans des conditions de rentabilité conformes aux standards du groupe et sera donc créatrice de valeur pour tous », insiste de son côté Dominique Thillaud.

« La Plagne ne connaîtra pas de nouveaux lits »

Ce contrat est aussi novateur, par sa prise en compte de l’environnement. Signe des temps, il est fondé sur la sobriété énergétique, l’optimisation des installations, la préservation des milieux et la reforestation. « Nous sommes sur la même longueur d’onde avec nos engagements environnementaux liés à notre “raison d’être” », souligne David Ponson. Non-extension du domaine skiable (des secteurs ont même déjà été rendus à la nature), respect de la faune et de la flore, programme zéro net carbone en 2030… étaient déjà d’actualité pour la SAP.

« La Plagne ne connaîtra pas de nouveaux lits, c’est la fin des constructions », a promis de son côté Jean-Luc Boch, opposé au surdéveloppement à l’échelle de sa commune.

La période de tuilage entre les deux contrats a déjà commencé. Première étape du programme d’investissements et de modernisation, « la reconstruction du secteur Champagny-en-Vanoise, qui était inclus dans la fin de la DSP actuelle, avec les premières études et les autorisations à obtenir. Il ne fallait pas perdre de temps pour une livraison en 2028 », explique David Ponson. Avant le Vanoise Express et d’autres remontées structurantes. Le début d’une nouvelle page pour un domaine skiable à 79 % situé à plus de 2 000 mètres d’altitude, garantie d’un avenir à long terme.

Article issu du Dauphiné Libéré

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