Faut-il s’inquiéter pour les six parcs nationaux français situés en zone alpine, pyrénéenne ou cévenole ? Depuis la publication d’un rapport sénatorial le 3 juillet dernier, le modèle des parcs nationaux est remis en question.
En effet, un projet de réorganisation pourrait bien bouleverser leur gouvernance et leur financement, au nom des 40 milliards d’euros que cherche à économiser le gouvernement Bayrou pour le budget 2026.
Si cette idée a immédiatement suscité un tollé sur les réseaux sociaux et soulevé contre elle une pétition de plusieurs dizaines de milliers de personnes, il convient d’abord de décrypter cette actualité un peu technique.
Sur les onze parcs nationaux que compte la France, plus de la moitié se trouvent en zone de montagne : la Vanoise, les Écrins, le Mercantour, les Cévennes, les Pyrénées et La Réunion. Ce n’est pas un hasard.
Comme nous l’expliquions dans un précédent article, la montagne concentre la plupart des écosystèmes fragiles que l’État cherche à protéger : glaciers, forêts anciennes, zones humides d’altitude, faune alpine et espèces endémiques.
Une réforme qui touche au cœur de la gestion des parcs
Le 3 juillet dernier, une commission d’enquête sénatoriale a rendu un rapport consacré aux agences de l’État. Dans le viseur : les institutions environnementales jugées trop nombreuses et coûteuses. Parmi elles, les onze établissements publics qui gèrent les parcs nationaux.
L’idée n’est pas de supprimer les espaces protégés de ces parcs, mais les organismes à leur tête. Tous ces parcs fusionneraient au sein de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), dans une logique de simplification administrative et de réduction des dépenses.
Concrètement, les directeurs de parcs perdraient leurs prérogatives réglementaires et les conseils d’administration locaux seraient transformés en simples conseils consultatifs. Les décisions stratégiques, aujourd’hui prises au plus près du terrain, seraient alors transférées aux préfets et à un conseil central unique au sein de l’OFB.
Derrière la promesse de simplification, c’est bien la question de la gouvernance qui se pose.
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Pourquoi cela divise-t-il autant ?
Sauf que les principaux concernés, les 11 établissement publics, dénoncent cette idée qui conduirait selon eux à un recul pour la préservation de la biodiversité.
Comme le soulignent les agents dans la pétition : « Nous savons que nombre de nos postes seront réaffectés dans des sièges lointains… les lourdeurs administratives ralentiront notre travail et la construction quotidienne de la préservation »
Autrement dit, l’importance d’une gestion locale. Un argumentaire repris par Stéphan Maurin, président du parc des Cévennes, auprès du Midi Libre : « On échange avec les élus, les associations, les habitants. C’est ce dialogue qui permet d’adapter la protection aux réalités du territoire. Une centralisation complète ferait disparaître cette capacité »
À l’heure actuelle, ces parcs bénéficient d’une autonomie de gestion définie par la loi Giran de 2006, qui confie leur gouvernance à des conseils d’administration composés d’élus, de représentants d’associations, de scientifiques et d’agents de terrain.
Mobilisation et inquiétudes
L’opposition à la réforme semble avoir raisonné médiatiquement, et à l’heure actuelle, la pétition a dépassé les 50 000 signatures. Parallèlement, le conseil d’administration du parc du Mercantour a adopté une motion pour rappeler l’importance de son indépendance, relayée par des élus comme la sénatrice Alexandra Borchio Fontimp.
Pour le moment, aucune décision définitive n’a été prise par le gouvernement. Le rapport sénatorial ouvre une consultation qui devrait se poursuivre à l’automne 2025. Mais pour de nombreux amateurs de montagne, le sujet dépasse la question administrative : il concerne la manière dont ces espaces pourront continuer à être préservés et fréquentés dans les décennies à venir.

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