Coincé entre la vallée d’Aspe et celle d’Ossau, le col de Marie-Blanque reste discret.
Il n’a ni la renommée du Tourmalet, ni les chiffres vertigineux du Galibier. Pourtant, il s’impose comme un défi redoutable pour les cyclistes. Avec ses rampes raides, son ambiance pastorale et ses liens étroits avec le Tour de France, il conjugue beauté sauvage et douleur bien réelle.
Depuis Escot : Une montée courte… mais impitoyable
On pourrait croire, en regardant la carte, que Marie-Blanque est un col accessible. À peine plus de neuf kilomètres d’ascension depuis Escot, et moins de 1050 mètres au sommet. Mais ce serait oublier que la route n’est pas une affaire de chiffres.
Le versant ouest, surtout, a de quoi surprendre les plus confiants. Après une première moitié relativement douce, les trois derniers kilomètres virent au supplice. Des pentes à plus de 11 %, parfois 13, sur une chaussée étroite, encaissée, où le souffle devient court et le rythme incertain.
Depuis Bielle : une montée plus douce
De l’autre côté, le tableau change. Le versant est, plus long (11,5 km), affiche des pentes plus douces, aux alentours de 5 %. On y monte à travers les pâturages et les pins, dans une ambiance plus ouverte, presque bucolique.
La difficulté est moindre, mais le charme est intact. On croise quelques chevaux en liberté, des troupeaux de vaches ou de brebis sur la route. Et en bas, les villages béarnais offrent une pause bienvenue avant l’effort.
Un col taillé pour le Tour
Ce n’est pas un col géant, mais c’est un col stratégique. Classé en catégorie 1 par les organisateurs du Tour de France – c’est-à-dire la plus haute difficulté juste derrière les redoutables « hors catégorie » – le col de Marie-Blanque fait partie de ces ascensions qui peuvent faire éclater un peloton, surtout lorsqu’elles sont placées en début ou en milieu d’étape.
Introduit dans le Tour pour la première fois en 1978, il a depuis été franchi à de nombreuses reprises. Et en 2023, il a offert un moment de bravoure comme on les aime. Ce jour-là, lors de la 5e étape entre Pau et Laruns, l’Australien Jai Hindley a dynamité la course. Parti dans l’échappée, il a profité des pentes les plus raides pour fausser compagnie à ses compagnons de route. Il bascule en tête au sommet, file seul vers la victoire, et s’offre le maillot jaune au passage.
Mais en 2025, le peloton ne passera pas par là. Les étapes 12, 13 et 14 flirteront avec ses flancs, mais le col restera à l’écart. Une pause dans son palmarès… en attendant le prochain coup d’éclat.

En pratique : quand et comment s’y frotter
La bonne période pour grimper Marie-Blanque se situe entre mai et octobre. Il faut éviter les grosses chaleurs, surtout si vous attaquez par Escot : les pourcentages y sont impitoyables et l’ombre ne suffit pas toujours à soulager les muscles. Côté équipement, mieux vaut prévoir un vélo bien étagé, avec un petit plateau qui permet de tourner les jambes sur les forts pourcentages. Le casque est évidemment indispensable, et mieux vaut partir avec de l’eau : le col est sauvage, les points d’eau sont rares, les fontaines absentes.
La route est tranquille, peu fréquentée par les voitures. On y croise surtout d’autres cyclistes, des randonneurs, et quelques troupeaux en liberté. La descente, elle, exige de la prudence : sinueuse, étroite, parfois gravillonnée.

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