Le bassin collé à la table du goûter, pas question pour les jeunes licenciés des clubs de ski de la station de se faire griller la place, et de laisser leur part de brioche et de reblochon. C’est que les jeunes affamés n’avaient pas chômé. En moins de deux heures, encadrés par des habitants et des sociopros, ils ont ratissé plusieurs secteurs du Grand-Bornand (dont le départ du domaine Nordique ou encore sous le télésiège de la Taverne) et rapporté 677 kg de déchets. Autant d’emballages alimentaires, de mégots, de mouchoirs, de bouts de plastique, des canettes et beaucoup de plombs… étalés sur une grande bâche qu’il a fallu soigneusement trier selon les consignes de l’association Mountain Riders avant qu’ils ne soient pesés.
« Ce travail de catégorisation sert à déterminer l’origine des déchets, en vue de cibler des actions de sensibilisation et de pédagogie, pour espérer, couper le robinet » explique Corentin Digne, en charge de la transition écologique pour la commune. À voir la benne pleine de piquets, de chutes de bois et de plaques de métal, ainsi que la lourde et volumineuse collecte tout juste ramenée par le pick-up de la station, nul doute qu’une information sera relayée sur les chantiers organisés sur, et aux abords des pistes.

Une mobilisation collective pour viser le zéro déchet
C’est bien l’enjeu d’ailleurs de la « Charte nationale montagne zéro déchet sauvage » de Mountain Riders qu’ont ratifié, le mercredi 29 avril , la commune, l’ESF, les remontées mécaniques et l’office de tourisme. « L’idée est d’impliquer le plus de monde possible attaché à notre cadre de vie » enseigne la maire, Hélène Favre Bonvin. Avant de formuler « un vœu pieux » pour la commune qui a obtenu un deuxième flocon vert , en décembre 2025, pour avoir œuvré en faveur de l’environnement : « Ne plus avoir de déchets, d’ici 2030 ». Autant dire que les baromètres qui seront mis en place pour voir la progression, seront scrutés.
Le fait de s’inscrire dans la démarche de Mountain Riders a déjà, en effet, montré ses effets positifs. « Depuis l’entrée en vigueur de la mesure de la pollution sauvage sur les zones ramassées, on note une réduction de déchets à la source de 7.6 % entre 2023 et 2025 » dit Margot Landreau, chargée de projet « Montagne zéro déchet ».
Si généralement, les ramassages (environ 90 sur l’ensemble des massifs français) ont lieu en autonomie, l’association était venue en force, mercredi au Grand-Bornand. « En raison notamment du volume de déchets ». Le passage de relais avec les acteurs locaux est désormais acté. « Il faut aller plus loin désormais » termine Corentin Digne, séduit par la démarche « Adopt’1 Spot » (pour organiser jusqu’à trois ramassages par an sur un spot). Rassasiés, les jeunes sportifs du Grand-Bornand, pour leur part, étaient d’attaque !
Article issu du Dauphiné Libéré