A l’heure où le « greenwashing » règne en maître, toute initiative écologique se voit systématiquement questionnée sur sa réelle motivation : n’est-ce que de la poudre aux yeux ?
Qu’est-ce que le Flocon Vert ?
Le Flocon Vert est attribué aux stations de montagne qui remplissent 21 critères répartis en quatre domaines : la gestion de l’eau, des déchets, de l’énergie, et le bien-être social.
En 2023, 27 stations détenaient ce label, aujourd’hui, elles sont désormais 29 (avec l’arrivée d’Arêches-Beaufort et la Plagne dans la liste en juin dernier). L’objectif affiché est de garantir que « ces stations engagent des actions concrètes pour réduire leur impact environnemental tout en améliorant la qualité de vie des habitants ».

Des actions concrètes…
Les stations labellisées ont effectivement mis en place des mesures écologiques importantes. Par exemple, Les Arcs s’est fixée des objectifs ambitieux : Atteindre les 100 % d’énergie renouvelable pour les remontées mécaniques d’ici 2035 et 30 % des visiteurs doivent arriver en train d’ici 2030
De plus, d’autres initiatives d’échelle variable, telles que la réduction des déchets et l’optimisation des infrastructures énergétiques (enneigeurs économes en eau, remontées mécaniques à faible consommation) sont mises en avant dans cette dynamique positive.

…aux résultats contrastés
Cependant, malgré ces progrès, certaines critiques demeurent. Beaucoup de militants et élus écologistes dénoncent le « greenwashing partiel » du label. Pour étayer leurs accusations, les plus contestataires affirment que les stations labellisées continuent à exploiter des infrastructures très énergivores, notamment les remontées mécaniques et les systèmes d’enneigement, et le tourisme de masse reste une source de pollution importante.
Une donnée marquante à titre d’illustration : la consommation d’électricité dans les stations de ski labellisées reste en moyenne deux fois supérieure à la moyenne nationale (par rapport à toutes les communes françaises).
Un levier pour séduire les éco-touristes ?
Dans un contexte où la sensibilisation écologique est en hausse, le Flocon Vert s’apparente à un atout pour attirer les « éco-touristes ». Ces visiteurs cherchent des destinations qui s’engagent réellement dans une démarche durable. En optant pour des stations labellisées, ils peuvent concilier passion pour la montagne et respect de l’environnement.
Ainsi, pour les stations, ce label apparaît comme l’occasion de se démarquer, elles peuvent non seulement améliorer leur image, mais aussi fidéliser une clientèle soucieuse de l’environnement : une pierre, deux coups
« Un modèle économique qui s’essouffle »
Ce sont en tout cas les termes employés par la Cour des comptes à destination des stations de ski. Dans un rapport récent, l’institution française rappelle que :
« La France, avec ses 53,9 millions de journées-skieur, se classe au deuxième rang mondial du tourisme hivernal et que cette position résulte d’un développement massif des stations de sports d’hiver, initié dans les années 1960 et 1970 par l’État à travers les plans neige ».

Mais la Cour affirme toutefois que cette expansion a rendu les espaces de montagne très dépendants du ski, les rendant vulnérables aux impacts du changement climatique.
La Cour des comptes met en lumière cette fragilité. En analysant 42 stations à travers les Alpes, les Pyrénées, le Massif central et le Jura, l’étude révèle un déclin préoccupant du modèle économique des stations de ski françaises. Les projections climatiques suggèrent une perte de fiabilité de l’enneigement et une montée de la limite pluie-neige, rendant la situation encore plus critique à l’horizon 2050.
Vers un avenir écologique à construire
Pour autant, est-ce que tout cela est écologiquement vain ?
Ce qu’on peut en retenir, c’est que le Flocon Vert constitue une étape nécessaire vers un tourisme plus respectueux de l’environnement, mêmes si de (gros) défis subsistent.
Si les initiatives ne sont pas encore toutes au niveau du « significatif », certaines ont un vrai impact, comme la station de Châtel qui a obtenu un score très encourageant de 90 % d’achats locaux (90 % des produits et services achetés auprès de fournisseurs situés dans sa région), soutenant ainsi l’économie locale tout en diminuant son empreinte carbone.
Choisir des stations labellisées peut être bénéfique, mais il est important de reconnaître que le Flocon Vert ne garantit pas une solution complète et la sensibilisation des visiteurs à l’importance des enjeux écologique reste encore une voie d’amélioration.