Elles sont trois. Déjà toutes bien visibles dans n’importe quel calendrier. Les pleines lunes de cet hiver : samedi 3 janvier, dimanche 1er février et mardi 3 mars 2026. Trois dates, avec un battement de quelques jours avant et quelques jours après, où il y aura fort à parier que des skieurs de randonnée tenteront de se rendre sur le domaine skiable fermé des Aillons 1400, et d’autres stations des Pays de Savoie. Par ciel dégagé une nuit de pleine lune se révèle spectaculaire, la luminosité étant suffisamment forte pour ne plus avoir besoin de lampe frontale, une expérience à couper le souffle.
Le problème c’est quand ces mêmes skieurs ou piétons de toute nature viennent s’aventurer, notamment à la descente, sur les domaines skiables fermés. Avec toujours le même risque de blessure grave, voire de décès, lors des opérations de préparation des pistes. Les dameuses peuvent percuter sans le vouloir des skieurs ou les blesser (mortellement), lorsque le câble qui les relie au sommet des pistes se tend brusquement dans la pente.
La station des Aillons-Margériaz est bien connue des amateurs et professionnels pour ses deux pistes aménagées pour le ski de randonnée et ses pentes hors pistes réputées sans avalanche.

L’ensemble du domaine skiable interdit, y compris les sentiers de ski de randonnée, entre la fermeture et l’ouverture des pistes
De la fermeture des remontées mécaniques des Aillons entre 16 h 30 et 16 h 55 à leur réouverture à 9 h-9 h 30, l’ensemble du domaine est interdit, y compris les deux sentiers aménagés, des Crêtes et de la Marge, pour les raquettes et les skieurs de randonnée.
« On a un peu serré les boulons au niveau des arrêtés. C’était déjà interdit mais on l’a clairement mis en valeur », précise Valéria Minuzzo, la directrice de la SEM des Bauges, la société d’exploitation du domaine des Aillons-Margériaz. « De la fermeture des pistes à l’ouverture des pistes, le ski de randonnée, la marche ou les raquettes sont strictement interdits à la montée et à la descente. On a passé toute une année à faire de la pédagogie et de l’éducation, expliquer le pourquoi du comment, cette année il y aura des amendes », ajoute-t-elle. Jusqu’à 150 euros pour les contrevenants. Ce seront aux gendarmes de procéder aux verbalisations.
« Malheureusement on est obligés d’interdire. Notre domaine est trop petit, on n’a pas un endroit sécurisé que l’on pourrait mettre à disposition. Pour une passionnée de la montagne comme moi, et pour mon équipe aussi, on est gênés d’être si raides mais de l’autre côté on a besoin de préparer le domaine dans les meilleures conditions. Quelqu’un qui se tue avec un treuil, la première enquête elle portera d’abord sur le conducteur de la dameuse », rappelle la patronne des Aillons 1400.
La nouvelle saison hivernale promet de voir le sujet revenir sur la table. En mars dernier, la Fédération française de la montagne indiquait avoir lancé un groupe de travail sur la pratique du ski de randonnée sur les domaines skiables, afin de trouver un compromis entre tous les acteurs concernés.