Des empreintes et des déjections en abondance : voilà ce qu’ont trouvé des agents du Parc national des Écrins (PNE) fin janvier, sur les berges de trois rivières du Valbonnais, en Matheysine. Une “récolte” classique lors d’une mission de suivi écologique… sauf que ces indices appartiennent à au moins une loutre, « une espèce qui avait disparu depuis très longtemps des départements alpins, contextualise Emmanuel Icardo. Son retour est réjouissant car l’animal est emblématique de la protection des rivières et zones humides. Ça montre que les milieux aquatiques du secteur sont bien préservés », apprécie le technicien patrimoine pour le PNE dans le Valbonnais.
Présente dans quasi tous les cours d’eau français au début du XXe siècle, la loutre a été chassée pour sa fourrure et a vu son habitat dégradé par l’homme et l’urbanisation (pollution des cours d’eau, artificialisation des berges notamment), au point de frôler l’extinction à la fin des années 1980. L’interdiction de sa chasse, en 1972, et de nombreuses mesures de protection lui ont depuis permis de regagner du terrain. « Sa recolonisation, lente, se fait à partir de l’ouest de la France, où on trouve les plus fortes populations », confirme Emmanuel Icardo.
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus Facebook (plus d'informations)
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
Une présence encore mystérieuse
En Isère, des foyers sont établis « du côté du Rhône et de ses affluents isérois », poursuit-il. Plus au sud, des traces de passage ont été relevées en 2017 dans la plaine de la Romanche et en 2020 dans le Trièves. « Ces présences, dites d’exploration, nous ont rendus optimistes sur le fait d’en trouver dans le Valbonnais. On organisait des prospections régulièrement depuis », complète Emmanuel Icardo. Jusqu’à cette matinée de janvier, donc, sur les bords de la Malsanne, de la Roizonne et de la Bonne. Mi-avril, d’autres déjections ont été trouvées un peu plus haut, à Valjouffrey, mais « on ne sait pas si c’est le même individu », reconnaît l’agent du Parc.
Ce n’est pas la seule inconnue : « On ignore le nombre et l’origine du ou des individus dont on a trouvé les traces », indique Emmanuel Icardo. Des prélèvements génétiques ont été réalisés pour en savoir plus. Une hypothèse tient toutefois la corde, « celle d’un mâle venu seul, en éclaireur. S’il juge le territoire satisfaisant, des femelles peuvent arriver après », anticipe le spécialiste. Une exploration ne mène pas toujours à une colonisation, mais sur le papier, le Valbonnais a tout pour plaire à la loutre. « Le réseau de rivières lui est propice, avec des eaux de bonne qualité, et des milieux favorables à son alimentation », composée essentiellement de poissons et d’amphibiens.
Ultime élément notable, deux des quatre secteurs “marqués” par la loutre ont fait l’objet de récents travaux de renaturation, comme la suppression d’une digue. De quoi conforter l’intérêt écologique de ces chantiers, et l’existence de périmètres de protection : les indices ont été récoltés dans une zone classée Natura 2 000.
Article issu du Dauphiné Libéré



-de-loutre-avant-leur-prelevement-photo-emmanuel-icardo-parc-national-des-ecrins.jpg)
