Lac Léman, Annecy, Paladru : quand le danger cessera-t-il d’être ignoré ?

« En restant près du bord, je ne me se sens pas en danger ».

Voilà comment ce baigneur du lac de Paladru répond aux panneaux d’interdiction qu’il a décidés d’ignorer, rapporte Le Dauphiné Libéré.

Mais ces panneaux posent forcément question : pourquoi redouter la baignade au point de l’interdire ?

Lac de Paladru : un triste symbole du danger

Photo le DL/Stéphane Pillaud
Photo le DL/Stéphane Pillaud

Ce plan d’eau du Pays Voironnais assez prisé des nageurs d’eau douce est interdit à la baignade depuis un arrêté préfectoral vieux de 40 ans. Seules exceptions : les plages surveillées aux horaires où elles sont ouvertes.

Pour comprendre la raison de cette interdiction assez sévère, il faut se référer à l’analyse des risques  commandée par la communauté d’agglomération du Pays voironnais en 2022. Or, selon cette étude, deux grands dangers ont été identifiés :

  • La présence de vestiges en tout genre (épaves de bateaux, ferrailles, ect…) immergés, invisibles et dangereux.
  • Le profil morphologique du plan d’eau, qui présente des ruptures de pente brutales.

Mais en dépit de cette prohibition de principe, laquelle est accompagnée d’une amende de 35 €, de nombreuses personnes décident de l’outrepasser consciemment et se baignent aux emplacements non surveillés.

Malheureusement, deux noyades se sont succédées ce 2 et 3 août, des drames qui semble rappeler à ce ceux qui enfreindraient l’interdiction, les dangers auxquels ils s’exposent.

(Parmi ceux-ci, Il faut également signaler la circulation importante de bateaux, de paddles, de canoës qui engendre un risque de collision avec les baigneurs)

Lac Léman : un débit variable

Le lac Léman.
Le lac Léman.

Bien que ne présentant pas les mêmes facteurs de risque que le Paladru, le Léman et le lac d’Annecy ont également connu leur lot de drames. Encore très récemment, on a déploré hier la noyade d’un lyonnais de 28 ans dans le plan d’eau annecien, et au début du mois, celle d’un autre jeune homme de 19 ans dans le lac franco-suisse.

Ce dernier malheur étant survenu sur une zone non surveillée, il faut rappeler que le lac Léman présente des courants parfois dangereux. Le lac est alimenté et traversé par le fleuve du Rhône, qui est lui-même sujet à des variations de son débit en fonction notamment de l’ouverture des barrages situés en amont.

L’office fédéral de météorologie et de climatologie de Suisse tente d’ailleurs de prévenir les risques et propose aux baigneurs une carte des dangers sur le lac.

Lac d’Annecy : le piège de l’insouciance

Le lac d'Annecy.
Le lac d'Annecy.

C’est sans doute celui de ces 3 lacs qui présente le moins de danger apparent. Eaux turquoises, peu de vagues, température estivale assez douce, et pourtant les accidents sont une constante annuelle dans le lac d’Annecy. Pourquoi  ? C’est peut-être justement cette réputation de lac paisible qui fait oublier aux baigneurs inexpérimentés qu’un plan d’eau présente toujours des risques.

Parmi les sources de danger, le lac d’Annecy affiche entre autres des variations de températures entre sa surface, tempéré grâce à l’ensoleillement estival important, et ses profondeurs, froides dès les 2 mètres de profondeur, comme on pourrait s’y attendre pour un lac alimenté par des sources de montagne.

Alors qu’on voit beaucoup de baigneurs plonger depuis les nombreux pontons parsemant le tour du lac, cette pratique, conjuguée à une longue période d’ensoleillement préalable, constitue un facteur de risque supplémentaire d’hydrocution, et par extension, de noyade.

Des statistiques alarmantes

Bilan de la surveillance épidémiologique des noyades durant l’été 2023. (Santé public France)
Bilan de la surveillance épidémiologique des noyades durant l’été 2023. (Santé public France)

Outres ces conseils, des campagnes de sensibilisation sont également envisagées pour que chacun prenne conscience que la baignade présente toujours un risque.

Le chemin reste long pour convaincre tout le monde s’il l’on s’en tient à une Etude Santé publique France de 2021.

Parmi les statistiques les plus inquiétantes, on retrouve le décès par noyade accidentelle de près de 1 000 personnes meurent chaque année en France, ce qui en fait la première cause de mortalité par “accident de la vie courante” chez les moins de 25 ans.

Comment éviter les risques ?

Parmi les mesures de sécurité les plus générales, on retrouve notamment les consignes de l'ARS sur ce sujet.  L’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes préconise entre autres :

  • de se baigner dans des zones surveillées, où le contrôle sanitaire affiche des résultats satisfaisants et de se conformer aux éventuelles consignes affichées sur place.  
  • de surveiller en permanence les enfants et de tenir compte de son état de forme pour réduire les risques de noyade.

Les zones non surveillées sur-représentées

Enfin, il faut savoir qu’en plan d’eau, la proportion de ces accidents surviennent à 38% dans une zone de baignade surveillée contre 62 % dans une zone de baignade non surveillée.

C’est une donnée qui peut donc encourager les baigneurs à opter pour la sécurité en privilégiant les emplacements de baignade surveillés.

Plus d’infos sur les lacs de Haute-Savoie  :

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