Le violoncelliste chambérien Gautier Capuçon a sorti son nouvel album Gaïa le 7 novembre. Des musiques contemporaines aux résonances cinématographiques avec pour décor les montagnes de la région : nous vous révélons les coulisses d’un album atypique.
« J’ai passé trois heures tout seul, accroché sur mon câble avec mon violoncelle, sur une tyrolienne installée à 3 900 mètres d’altitude entre les Cosmiques et l’aiguille du Midi dans le Mont-Blanc », confie Gautier Capuçon. « J’ai repoussé mes limites, c’était un moment très fort ».
« J’ai joué suspendu dans le vide »
Ce souvenir reflète bien l’esprit de son nouvel album, “Gaïa”, qui sort le 7 novembre. « J’ai joué suspendu dans le vide, ça faisait un écho de dingue dans la montagne. Ce n’est pas le son qu’on entend dans le clip tourné ce jour-là mais l’expérience était folle. Julia, ma chérie, était au départ de la tyrolienne et continuait à me parler pour me rassurer. »
Pour tourner cette scène digne d’un film de cinéma à la James Bond, le virtuose chambérien n’a pas été autorisé à emporter son propre instrument. Trop cher. Trop fragile.

« Cet album prend le nom de “Gaïa” , déesse de la Terre et mère de toute vie dans la mythologie grecque car c’est un hommage à la nature. C’est tout naturellement que j’ai tenu à venir dans ces montagnes. Pour ressentir chaque vibration, comme Maurice Baquet, que j’admire depuis l’enfance. C’est mon lien avec la Savoie, mes origines. Je tenais à voir à l’œil nu le dérèglement climatique : ça m’a bouleversé. Ça fond. C’est impressionnant. Il faut en prendre conscience. C’est ça que j’ai voulu retranscrire dans mon album. C’est un rêve artistique que je réalise ».
Pour y parvenir, il a demandé à 16 compositeurs contemporains à travers le monde, dont un DJ, de lui créer des morceaux autour de ce thème. « Beaucoup d’entre eux n’avaient jamais écrit de musique classique, je voulais de la musique avec un grand M, sans les codes habituels ».

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Des clips tournés dans le massif du Mont-Blanc
D’où un album très éclectique qui donne l’impression d’écouter la bande originale d’un film d’aventures et de voyage. On sent le vent. On voit des paysages. Ludovic Einaudi, le compositeur et pianiste néoclassique italien qui joue à guichets fermés dans le monde entier et qui a composé la bande originale du film “Intouchables” a créé le morceau “Air” dans l’album du Savoyard.
« Ça me touche que l’on puisse parler de cinéma en écoutant cet album car je cherche à procurer des émotions, c’est nouveau pour moi. À l’image de ces morceaux de l’album où il y a du chant » confie Gautier Capuçon.
Sarah Rebecca chante pour “Never say never” comme Yanna Whutter-Johnson pour “Forever home”. Au-delà de la musique, la grande force de cet album tient aussi dans son livret soigné, détaillé et joliment illustré de photos faites dans le Mont-Blanc : « nous avons fait des séances photos à couper le souffle et des vidéos pour les clips en mars et en mai. C’était important d’expliquer ma démarche et de laisser la place à chaque compositeur ».
Article issu du Dauphiné Libéré