Elles s’appellent Pauline, Myriam, Élisa, Aurélie, Éléonore et Claire. Depuis quelques jours, ces six passionnées de montagne forment le tout premier groupe d’alpinisme féminin du Club alpin français (CAF) de Gap. Une initiative novatrice qui vise un objectif clair : l’accès à l’autonomie et au leadership en haute montagne.
Au départ, l’appel à candidatures a suscité un engouement immédiat, avec 23 dossiers reçus. « Nous avons eu beaucoup de peine pour ne retenir que ces 6 candidates », confie Pascal Serra, vice-président en charge des activités. Après un premier écrémage géographique et un apéritif organisé pour évaluer le « ressenti humain », le choix final s’est fait sur le terrain, au site des blocs de Céüse, le 1er mai.
Une sélection placée sous le signe du partage
Une journée d’évaluation que Pauline décrit comme « très bon enfant », où l’on ne ressentait « pas du tout de concurrence ». Au programme de ces sélections : grimpe et entretiens avec les encadrants le matin, suivis d’un « pique-nique hyper convivial », puis d’ateliers l’après-midi consistant notamment à grimper en chaussures de randonnée dans du niveau 3 ou 4, sous l’œil attentif d’Elsa Raymond et la sécurisation de Jean-Louis.
Bénédicte Guillou, co-encadrante qui valide ce mois-ci en parallèle son brevet fédéral d’initiatrice alpinisme, détaille la philosophie : « Je ne voulais pas un groupe d’initiation, mais de perfectionnement pour amener les filles à prendre de l’autonomie et passer en tête de cordée. »
Pourquoi un groupe exclusivement féminin ? Pascal Serra est limpide : « Il ne s’agit pas de séparer les hommes et les femmes, mais de créer un espace de formation privilégié ». Une vision plébiscitée par les participantes. « Entre femmes, on va pouvoir oser et répéter pour apprendre », apprécie Élisa Guiramand, venue chercher « une aventure humaine ».
Myriam confirme : « L’énergie est différente, je ressens plus d’écoute et je me sens plus à l’aise d’exprimer mes réflexions. » Pauline abonde : « Ça simplifie plein de choses, c’est très agréable en comparaison avec des stages mixtes. »
L’objectif de ce collectif, décrit comme respirant les « good vibes » et « Motivé ! », n’est pas la performance absolue. Si Myriam rêve d’être « autonome sur les sorties glaciaires », Pauline souhaite acquérir des bases complémentaires à l’escalade pour « pratiquer en tête le facile du facile autour de Gap. La liste est longue à en voir les topos ! »

Apprendre par la pratique et transmettre à son tour
Pour Bénédicte, ancienne membre du groupe féminin haut-alpin en 2022-2023, ce projet est un passage de relais : « En prenant de l’assurance et de plus en plus de plaisir à être devant, je me suis dit que je pourrais donner à mon tour et rendre ce que d’autres initiateurs m’avaient permis de découvrir. »
Quatre sorties sont déjà planifiées ainsi qu’une formation à la cartographie, mais très vite, la logistique incombera aux participantes. « Réservation des refuges, logistique de transport et de matériel… Nous proposerons des idées de courses, puis les laisserons cogiter en fonction des topos et de la météo », détaille Bénédicte, qui restera à leurs côtés pour les conseiller. Avant de conclure, résumant parfaitement l’esprit de l’initiative : « On n’apprend jamais mieux qu’en faisant ! »
L’aventure ne s’arrête d’ailleurs pas là. Conscients de la « pointe de regret » ressentie par les participantes pour celles qui n’ont pas été retenues, les organisateurs ont tenu à mettre en contact les autres candidates, semant déjà les graines de futures cordées.
Au mois de mars, lors de l'assemblée générale nationale au pays Basque, le Club alpin de Gap a fait acte de candidature pour l'accueil de l'assemblée Générale de la Fédération Française des Clubs Alpins de Montagne (FFCAM) en mars 2028 dans la capitale des Hautes-Alpes.
“La réussite de cet événement repose sur une préparation rigoureuse et une organisation matérielle soignée, assurées par le club organisateur avec l'appui de la fédération”, remarque le Club alpin qui lance un appel aux bénévoles.
Article issu du Dauphiné Libéré