Courbes relevées à plusieurs mètres du sol, descente et virages en dévers, la nouvelle luge quatre saisons fraîchement ouverte sur le domaine skiable de La Clusaz offre son lot de sensations. Cet équipement, prévu pour être ouvert quasiment à l’année, créé en haut du village au Bossonnet, vient renforcer la luge d’été historique, installée près de la patinoire. Elle est une des nouvelles attractions du plan de diversification lancé par la station des Aravis.
À bord, on embarque pour 360 m de montée et 820 m de descente. C’est comme conduire son propre manège. La luge est sécurisée pour ne pas sortir de son rail, contrairement à celle circulant dans les goulottes creusées dans le sol. Le monorail provoque un sentiment d’instabilité, ajoutant du piment à l’expérience. L’attraction ne nécessite pas de remontée mécanique, car elle tourne en circuit fermé. Tout le parcours est aérien, dévoilant une vue sur le village et les montagnes, de la chaîne des Aravis au Danay. Le passage proche des arbres à l’orée du bois est un plus, et a permis « de limiter le défrichage », glisse Thibault Francou, directeur technique de la Société de remontées mécaniques (Satelc).
Luge des bois, payante (gratuite pour les - de 5 ans). Accessible dès 3 ans (accompagné d’un adulte jusqu’à 1,45m). Ouverte jusqu’au 26 avril, et réouverture le 14 mai.
« Les sensations sont folles »
Côté vitesse, libre à chacun de l’adapter en appuyant sur les manettes. Un système de sécurité, avec freins magnétiques et dispositif anticollision, force le freinage pour ne pas dépasser les 42 km/h, et dès que l’engin approche celui de devant à moins de 25 mètres. Les premiers à tester semblent séduits. « La vue est super », « les sensations sont folles », et « le parcours au milieu des arbres est magique », « c’est très différent de l’autre luge de l’été, qui est aussi super car on est plus en contact avec le sol ». Seul bémol, comme pour la luge d’été, l’expérience dépend aussi de la vitesse de celui de devant, en raison de la régulation manuelle des accélérations et des freinages.
Un investissement à trois millions d’euros nécessitant la création d’une gare de départ et d’arrivée avec un toit-terrasse. Outre les contraintes techniques et météo, qui ont retardé la livraison du chantier, il a aussi fallu l’accord des propriétaires terriens. « Ce nouvel outil n’est pas qu’une attraction de plus, tient à souligner le président de la Satelc Jean-Christophe Hoff, c’est l’illustration des choix stratégiques pris pour rester une station de ski de référence ». Il permet de créer un second « front de neige » au domaine, utilisable été comme hiver, avec départ de remontées mécaniques et snack. Un sentier pédagogique avec des jeux en bois sur le parcours permettra bientôt de relier les deux zones en été.
Cinq millions d’euros déjà investis pour les activités hors-ski
La Clusaz enregistre chaque année 1,8 million de nuitées, dont 800 000 hors ski à l’année. Le plan de diversification initié engage la station à la création de deux activités à l’année. La luge quatre saisons succède à l’espace culturel immersif ou encore à la grande bascule. Cinq millions d’euros ont déjà été investis par la Satelc pour les activités hors-ski sur le domaine. D’autres projets sont sur le bureau de la société, comme l’idée d’une tyrolienne géante, utilisant l’installation câblée du Transval, le téléphérique reliant les massifs de l’Étale et de l’Aiguille. La Satelc et la commune de La Clusaz agissent main dans la main dans cette stratégie de diversification d’ici 2050. À cela s’ajoutent donc les investissements de la commune dans les activités hors-ski (rénovation du centre aquatique, rachat du cinéma et exploitation en régie). Elle prévoit également la création d’un pôle d’activités indoor (équipement qui accueillera une partie de la logistique JO avant d’être un pôle de loisirs et sportif).
Pour autant, ces attractions ne visent pas à renier les origines de la station. « Le plan prévoit la sécurisation du ski sur le domaine skiable », insiste Jean-Christophe Hoff. ADN et gagne-pain du village. De nouveaux chantiers d’envergure sont programmés : l’équipement de la Combe des Juments et du secteur des Mélèzes en enneigeurs pour sécuriser le ski, l’aménagement du secteur des Louveteaux pour l’apprentissage à ski l’hiver et à vélo l’été. Et surtout, dès le 29 avril, vont débuter les travaux à Balme, avec le remplacement du télésiège du col pour une remontée qui permettra désormais de transporter des piétons en plus des skieurs au sommet l’hiver, la création d’un bâtiment doté d’un rooftop avec vue sur le mont Blanc, au service d’événements, et un remodelage de la piste Blanchot, pour la rendre plus accessible. « Des aménagements qui n’enlèveront rien à l’esprit de Balme », rassure le maire Didier Thévenet.
Article issu du Dauphiné Libéré


