Il est loin le temps où Zag Skis s’adressait exclusivement aux freerideurs et skieurs de randonnée invétérés. Depuis sa fondation en 2002, la marque française s’est fait un nom dans le milieu du ski, notamment grâce à son rocker facilitant la glisse en neige profonde. Mais en dépit de cette innovation de taille, elle est longtemps restée discrète sur le marché. « Zag s’est forgé une véritable reconnaissance parmi les professionnels du ski, mais on souhaite aller plus loin », plastronne Éric Bascle, nommé à la tête de l’entreprise fin février, succédant ainsi à Caroline de Wailly.
Depuis son arrivée, l’ancien patron de Black Crows et de Db (marque spécialisée dans les sacs de voyage, récemment cédée à LVMH) ne cache pas ses ambitions. Avec la perspective d’une augmentation de capital, soutenue par l’actionnaire devenu majoritaire Alain Rauscher, l’enseigne ayant fait de Chamonix son camp de base veut s’imposer comme un acteur incontournable du ski. « Le dicton “pour vivre heureux, vivons cachés” a fonctionné un temps, mais il nous faut trouver un nouvel équilibre en nous adressant à tous les skieurs », précise le nouveau PDG qui souhaite relocaliser une partie de sa chaîne de production.

Passer de 8 000 à 20 000 paires par an
Soucieuse de son impact environnemental, l’entreprise, qui fabrique pour l’heure l’essentiel de ses skis en Pologne, prévoit de rapatrier au pied du Mont-Blanc la production de ses modèles spéciaux et de ses éditions limitées, déjà conçus et testés dans son atelier de Chamonix. « Cela passera notamment par une extension des locaux de l’entreprise et nécessitera d’importants investissements pour développer notre outil industriel », concède le PDG indiquant que des discussions sont en cours pour transférer le reste de la production vers une usine danoise reconnue pour son savoir-faire en termes de qualité et de quantité.
Zag, qui parvient à fabriquer actuellement 8 000 paires de ski chaque année, ambitionne de produire 20 000 paires, voire 30 000 d’ici quelques années afin de couvrir l’ensemble des pays alpins. La priorité est toujours donnée à la France, où la marque souhaite renforcer son réseau de distribution, déjà fort de 150 points de vente sur les près de 500 qu’elle compte à travers le monde. Mais elle souhaite aussi conquérir de nouveaux territoires, notamment au Royaume-Uni, en Scandinavie et en Asie. De quoi permettre à l’entreprise, comptant à l’heure actuelle 13 salariés et une douzaine d’agents commerciaux à travers le monde, de viser au moins les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2029, contre 2,5 millions d’euros en 2024.
Un nouvel ambassadeur nommé Mathis Dumas
Si ces objectifs peuvent sembler élevés, Zag a désormais les moyens de les atteindre. La marque s’est enfin dotée d’un budget de communication digne de ce nom afin d’accroître sa notoriété auprès du grand public. Les dirigeants ont ainsi ouvert, le 25 mars dernier, un pop-up store à Paris en compagnie de leur nouvel ambassadeur Mathis Dumas, le guide de haute montagne ayant rendu l’Everest à la portée d’Inoxtag. Avec ce magasin éphémère, Zag dispose d’un outil pour mettre en avant toute sa gamme jusqu’en septembre. D’autres implantations similaires devraient suivre à Chamonix, Lyon, Munich et Verbier pour multiplier les échanges avec les consommateurs.
Zag prévoit également de développer son offre de location, un marché où elle est encore peu présente, si l’on excepte le ski de randonnée. Des modèles spécifiques seront conçus pour répondre à cette demande croissante. En parallèle, la marque songe à diversifier ses activités afin de réduire sa dépendance à la saisonnalité et stabiliser son chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année. « À nos yeux, Zag peut devenir une plateforme de lancement pour de petites marques, textiles ou autres, ayant un sens pour nous », confie Éric Bascle. Dans cette optique, l’entreprise a d’ailleurs fait appel à des experts pour moderniser son image et accélérer sa transformation digitale. Un nouveau souffle anime donc la marque, persuadée que « le moment Zag ne fait qu’arriver ».
Article issu du Dauphiné Libéré