« Ouvert toute l’année ». C’est ce qu’on peut lire sur la pancarte de la Chèvrerie des Confins, nichée au pied de la chaîne des Aravis.
Pour un visiteur peu familier avec le fonctionnement des chalets d’alpage, l’information peut sembler anodine. Pourtant, elle révèle une véritable singularité. En temps normal, les éleveurs pratiquent la transhumance : l’été, ils montent les troupeaux dans les alpages pour profiter des pâturages, puis redescendent en vallée l’hiver, où une seconde structure d’hivernage les attend.
Une seule ferme, un fonctionnement original
Ici, ce modèle est bouleversé : Didier et Danièle, les deux éleveurs, ont choisi de rester au même endroit toute l’année. Un modèle encore marginal, mais qui pourrait bien faire des émules. Comme l’explique Danièle, cela change tout :
« Avoir deux structures, c’est énorme à financer. Ici, nous n’avons besoin que d’un seul chalet. Dans quelques années, il est possible que de plus en plus d’éleveurs réfléchissent à ce fonctionnement. »

Un lieu à la fois sauvage et accessible
Si ce modèle fonctionne ici, c’est aussi grâce à la situation exceptionnelle de la chèvrerie. Installée au bout du plateau des Confins, la ferme profite d’un environnement pastoral relativement préservé, avec les sommets des Aravis en toile de fond. Pourtant, elle reste à seulement quelques minutes du village de La Clusaz, sur un lieu très fréquenté par les promeneurs et randonneurs.
L’accès se fait facilement : on se gare au parking de l’Arpette, puis on marche quelques minutes en direction du refuge de la Bombardellaz. Ceux qui veulent prolonger la balade peuvent commencer plus bas, au lac des Confins, avant de rejoindre la ferme. Cet équilibre entre isolement et accessibilité rend possible un accueil du public tout au long de l’année.

La chèvre, un atout qui change les règles
Autre particularité : le troupeau. Dans les Aravis, la tradition fromagère repose largement sur les vaches et la fabrication du reblochon, fromage emblématique de la vallée. Mais Didier et Danièle ont fait un autre pari : celui de la chèvre et du Chevrotin AOP, produit local reconnu.
Ce choix n’est pas anodin. Les chèvres permettent une plus grande souplesse dans la gestion du troupeau. « Elles sont beaucoup plus vives que les vaches », sourit Danièle. « On peut les laisser brouter dans les pâturages la journée et les faire revenir au chalet le soir. Avec des vaches, ce serait impossible, elles ne sont pas aussi mobiles »

Le Chevrotin AOP et les produits de la ferme
Difficile de repartir les mains vides : la boutique de la ferme propose une large gamme de produits faits maison. La star, c’est bien sûr le Chevrotin AOP, mais on trouve aussi :
- des tommes de chèvre
- des palets de fromage frais,
- et même quelques charcuteries locales.
Tout est vendu directement à la ferme, garantissant fraîcheur et qualité. La boutique est ouverte tous les jours de 9h à 19h30.


