« La gratuité a évité la catastrophe »: comment cette station de Savoie s’en sort cet hiver

« Sur ce tapis, on a enregistré 4 000 passages samedi (le 21 février). Jusqu’à présent, une grosse journée, c’était entre 2 500 et 3 000. » Sur le front de neige de Saint-Colomban-des-Villards, le maire Pierre-Yves Bonnivard, qui a annoncé récemment ne pas se représenter, s’étonne encore de la fréquentation de son front de neige.

C’est que le prix du forfait est plus qu’alléchant : 0 euro, bien loin des tarifs pratiqués dans les autres stations de Savoie. À ce prix-là évidemment, on n’a pas accès aux kilomètres de pistes des Trois Vallées, ni même au domaine des Sybelles avec lequel Saint-Colomban était relié jusqu’à l’année dernière, mais à un tapis et deux téléskis entourés de pistes vertes et bleues. Et c’est largement suffisant pour la clientèle familiale attirée par l’idée de skier sans passer à la caisse : « On a appris que c’était gratuit, donc on est venus faire découvrir le ski à notre fille de 3 ans », annonce Cécile, en week-end dans la vallée.

« Les locaux n’ont pas toujours les moyens d’aller au ski »

« Les locaux n’ont pas toujours les moyens d’aller au ski. Ici c’est une bonne occasion de passer une super journée en famille », continue Anne-Charlotte, résidant du côté d’Albertville, avant d’ajouter : « Ça nous permet de jouer le jeu, de faire participer les commerçants. On vient, c’est gratuit, mais il faut que la station puisse continuer à vivre. »

Et justement les commerçants font le plein pour la plupart. Au restaurant au pied des pistes, la gérante comptait tout d’abord faire la saison seule, s’attendant à peu d’affluence. Puis elle a dû faire appel à une personne en plus les week-ends pour répondre à la demande, et à une troisième pendant les vacances « pour éviter une trop longue attente ». Côté hébergement, le constat est plus contrasté. « La gratuité n’est pas un raté, elle a évité la catastrophe », admet Olivier Morange, responsable de la résidence Goélia, plus gros hébergeur de la station avec environ 300 lits. Là où il s’attendait à une perte de 80 % de son chiffre d’affaires, l’atterrissage devrait se situer aux alentours de -50 %, grâce notamment à l’ouverture aux courts séjours. « La plupart des gens qui viennent skier, c’est à la journée, ils repartent le soir », estime le directeur.

« Ce qu’on vient chercher, c’est la simplicité »

Aux remontées mécaniques, les pisteurs et perchman de la station constatent un changement dans le comportement des skieurs, notamment en fin de journée aux heures de forte affluence quand des files d’attente se forment devant les remontées. « On n’a pas de phénomène d’attroupement, où chacun essaye de passer devant l’autre, les skieurs se mettent spontanément en file indienne et attendent leur tour », se réjouit Cyriaque Remy, tendant les perches aux débutants sur le téléski de Rougemont.

Sur les pistes, Nicolas, résidant dans la Combe de Savoie, arbore une veste “Val Thorens” tient un discours similaire : « Ici on n’a pas de phénomène de cohue, ce qu’on vient chercher, c’est la simplicité, le plaisir d’être ensemble et de prendre le temps. »

Article issu du Dauphiné Libéré

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus