Faire bouillir l’eau d’un lac de montagne pour la boire ? Ce que dit cette étude

Voilà un fait divers qui remet la question sur la table.

En effet, ce mardi 12 août, un randonneur a dû être secouru par hélicoptère, après avoir bu l’eau du lac d’Uzious, dans les Pyrénées Atlantiques comme le rapporte La République des Pyrénées. Alors que l’intoxication est notamment avancée comme cause de son malaise, le jeune homme de 17 ans s’était pourtant servi d’une gourde filtrante.

Une solution insuffisante pour le PGHM, qui rappelle qu’en période de canicule comme on l’a connu cet été, les bactéries, virus et parasites susceptibles de provoquer des maladies gastro-intestinales se développent encore plus dans l’eau des milieux naturels. 

Alors l’ébullition de l’eau est-elle une solution sûre dans ce genre de cas  ?

Capture d’écran_Google Maps - Lac d'Uzious.jpeg
Capture d’écran_Google Maps - Lac d'Uzious.jpeg
Pourquoi on ne peut pas boire l’eau d’un torrent comme elle vient

Même cristalline, l’eau d’un lac ou d’un ruisseau de montagne n’est pas directement potable. Elle peut contenir des déjections animales, des résidus de pâturages ou de refuges, et des micro-organismes invisibles à l’œil nu. Une vache qui paît au-dessus d’un torrent suffit à contaminer toute une portion de rivière.

À l’inverse, l’eau du robinet subit un parcours très strict avant d’arriver chez nous. Elle est souvent captée dans une source ou une rivière, décantée, filtrée sur sable ou charbon actif, puis désinfectée au chlore, à l’ozone ou aux ultraviolets. Ce traitement multi-barrières permet d’éliminer à la fois les particules, les agents pathogènes et une grande partie des polluants chimiques.

En montagne, aucun de ces filtres n’existe : l’eau brute est directement exposée à la faune, à la flore et aux conditions climatiques.

Faire bouillir l’eau : une méthode ancienne et (souvent) efficace

L’ébullition est un moyen assez simple pour éliminer la plupart des agents pathogènes. Porter l’eau à 100 °C pendant une minute suffit en altitude comme en plaine à détruire la plupart des bactéries, virus et parasites. Dans certains manuels de survie ou de randonnée, il est même conseillé d’allonger la durée à trois minutes lorsque l’on se situe à plus de 2000 mètres, l’eau y bouillant à une température légèrement inférieure.

Par précaution, il est tout de même recommandé de laisser l’eau une dizaine de minutes pour éliminer les organismes et parasites. En pratique, cette solution reste donc valable pour sécuriser l’eau des torrents et des lacs de montagne. Elle ne demande aucun matériel sophistiqué, uniquement un réchaud ou un feu.

Réchaud : notre suggestion

Réchaud à gaz compact mais puissant, le Primus Mimer Duo Stove propose 2 800 W (≈ 10 000 BTU/h), porté à ébullition en 3 min 30 s pour 1 L d’eau. Son support en croix à 4 branches sert de pare‑vent et assure la stabilité des grandes casseroles.

Polyvalent grâce à sa valve Duo, il est compatible avec les cartouches filetées ou non (Primus, Coleman, Optimus…). Solide et durable, il se glisse aisément dans le sac et se révèle parfait pour les repas en duo ou à trois en pleine nature.

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1ère limite de l’ébullition : les métaux lourds et polluants chimiques

Le problème, c’est que toutes les menaces ne disparaissent pas en faisant bouillir l’eau. L’ébullition ne neutralise pas les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic), ni les résidus de pesticides ou d’hydrocarbures qui peuvent se retrouver dans certaines eaux, y compris en montagne.

Si ces cas restent rares dans des zones peu anthropisées, ils existent à proximité de pâturages ou en aval de zones industrielles et minières.

2ème limite  : les algues bleu-vert et de leurs toxines

Autre menace, cette fois biologique : les cyanobactéries, aussi appelées algues bleu-vert. Invisibles au départ, elles peuvent se multiplier massivement lors des épisodes de chaleur, surtout si l’eau contient des nutriments venus de l’agriculture ou des eaux usées. Ces proliférations, connues sous le nom de “blooms”, produisent parfois des toxines très dangereuses, les cyanotoxines.

Cet été 2025, le phénomène a frappé le lac du Bourget, en Savoie, où la baignade et les sports nautiques ont été interdits après une explosion de cyanobactéries.

Surtout, et c’est là le point crucial : faire bouillir l’eau ne détruit pas la microcystine, la plus fréquente de ces toxines, cela la concentre. C’est en tout cas ce que rapporte rapporte l’étude anglophone de la NSF.

Une eau apparemment claire en montagne peut donc être dangereuse si elle est contaminée, même après ébullition. L’étude préconise ainsi d’utiliser des filtres certifiés (trouvables dans le commerce).

Lac du Bourget
Lac du Bourget

En résumé

En montagne, faire bouillir l’eau peut suffire si elle est seulement exposée aux bactéries ou aux parasites classiques. Mais face aux pollutions chimiques ou aux cyanobactéries, cela ne suffit pas.

Le bon réflexe reste donc de combiner vigilance et information : prévoir un filtre adapté dans son sac et, avant toute sortie, vérifier auprès de l’office de tourisme ou de la mairie s’il existe une alerte sur la qualité de l’eau locale.

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