Ils traversent des massifs entiers et relient la France à ses voisins. On les emprunte sans parfois prêter attention à leur longueur ou au défi technique qu’ils représentent, mais certains tunnels français comptent parmi les plus impressionnants d’Europe.
Entre les Alpes, les Pyrénées ou les Vosges, relier les vallées a longtemps été une question de col, jusqu’à ce que les tunnels deviennent des œuvres d’ingénierie majeures. Certains ont plus d’un siècle, d’autres sont ultramodernes, mais tous percent la montagne.
Voici les dix plus longs tunnels français construits sous un relief montagneux :
Pour ce classement, nous avons fait le choix de ne retenir que les tunnels de montagne – c’est-à-dire des tunnels creusés sous un massif montagneux ou un col, servant à franchir une barrière naturelle liée au relief.
Il s’agit donc d’ouvrages qui permettent de traverser les Alpes, les Pyrénées, le Jura, le Massif central ou les Vosges, soit en évitant un col, soit en reliant deux vallées isolées.
Les ouvrages fluviaux, urbains ou métropolitains ne sont ainsi pas inclus.
1. Tunnel ferroviaire du Mont d’Ambin (57,5 km)
Alpes (Maurienne – Val de Suse)
C’est l’un des plus vastes projets d’infrastructure en Europe : un tunnel transalpin de plus de 57 km, creusé sous le massif d’Ambin, entre Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et Suse (Piémont). Ce tunnel de base, pièce maîtresse de la future ligne Lyon–Turin, sera dédié exclusivement au rail, avec deux tubes distincts.
Le chantier, titanesque, mobilise des tunneliers dans les deux pays. L’objectif ? Offrir une alternative écologique au trafic routier en favorisant le fret ferroviaire à travers les Alpes. L’ouverture est prévue à l’horizon 2032. Il deviendra alors le plus long tunnel de montagne de France, loin devant le Mont-Blanc ou le Fréjus.

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2. Tunnel ferroviaire du Fréjus – 13 700 m
Alpes (massif du Mont-Cenis)
Percé entre 1857 et 1871, ce tunnel historique relie Modane à Bardonèche sous le Mont-Cenis. Long de 13,7 km, il a été l’un des tout premiers grands tunnels transalpins. Il reste aujourd’hui une infrastructure clé pour le fret et les liaisons internationales, malgré sa vétusté. Il sera à terme concurrencé (ou complété) par le tunnel de base du Mont d’Ambin.
3. Tunnel routier du Mont-Blanc – 11 611 m
Alpes (massif du Mont-Blanc)
Symbole du franchissement alpin, ce tunnel relie Chamonix à Courmayeur, en passant sous le plus haut sommet d’Europe. Inauguré en 1965, il a profondément transformé les échanges franco-italiens. Long de 11,6 km, il reste l’un des tunnels routiers les plus connus au monde. Rénové après la catastrophe de 1999, il fait l’objet d’aménagements réguliers pour renforcer sa sécurité.

4. Tunnel routier du Somport – 8 602 m
Pyrénées (massif du Somport)
Mis en service en 2003, ce tunnel transfrontalier relie la vallée d’Aspe, en Béarn, à la province espagnole de Huesca. D’une longueur de 8,6 km, il évite l’ancien col du Somport, dangereux et souvent fermé en hiver. C’est aujourd’hui un axe logistique discret mais stratégique entre la France et l’Espagne, surtout pour les poids lourds.
5. Tunnel du Perthus – 8 300 m
Pyrénées orientales (Albères)
Construit pour la ligne TGV Perpignan–Barcelone, ce tunnel ferroviaire de 8,3 km traverse le massif des Albères. Il relie les réseaux ferrés français et espagnols en voie normale, permettant les liaisons à grande vitesse. Mis en service en 2010, il témoigne de la modernisation des échanges pyrénéens à l’est de la chaîne.

6. Tunnel ferroviaire du col de Tende – 8 099 m
Alpes-Maritimes (massif du col de Tende)
Ce tunnel, creusé en 1882 et ouvert 16 ans plus tard, permet le passage des trains entre Breil-sur-Roya et Cuneo, en Italie. Long de 8 km, il a longtemps constitué l’un des seuls accès ferroviaires transfrontaliers dans les Alpes du Sud. Il complète un tunnel routier voisin, plus court. Malgré sa faible fréquentation, il reste un axe vital pour les vallées isolées de la Roya.
Ceci dit, ce vieux tunnel a connu divers soucis techniques qui l’ont contraint à fermer en 2013 en attente de travaux sur l’ouvrage. Depuis, la réouverture a été maintes et maintes fois repoussée, et dernièrement, c’est Philippe Tabarot, le ministre des Transports, qui a annoncé la reprise de la circulation dans le tunnel dès « le dernier weekend de juin ».
7. Tunnel Maurice-Lemaire – 6 872 m
Vosges (massif des Vosges)
Autrefois ferroviaire, ce tunnel a été reconverti en tunnel routier dans les années 1970. Long de 6,87 km, il relie Sainte-Marie-aux-Mines à Saint-Dié-des-Vosges. Situé dans un massif aux hivers rigoureux, il constitue une alternative à la traversée du col de Sainte-Marie.

8. Tunnel du Mont-d’Or – 6 098 m
Jura (massif du Mont-d’Or)
Mis en service en 1915, ce tunnel ferroviaire relie Frasne (Doubs) à Vallorbe (Suisse). Long de 6,1 km, il traverse le massif du Mont-d’Or et constitue un maillon discret mais efficace de la liaison Lausanne–Paris. Il est utilisé par les trains régionaux comme par les TGV.
9. Tunnel ferroviaire du col de Braus – 5 939 m
Alpes-Maritimes
Long de 5,9 km, ce tunnel traverse le col de Braus sur la ligne Nice–Breil. Son tracé escarpé en fait l’une des lignes les plus spectaculaires de la région. Le tunnel permet d’éviter les lacets redoutés du col éponyme, très prisé des cyclistes mais redoutable en hiver.

10. Tunnel ferroviaire du Puymorens – 5 414 m
Pyrénées (col du Puymorens)
Construit dans les années 1920, ce tunnel ferroviaire de 5,4 km traverse le col du Puymorens dans les Pyrénées catalanes. Il est situé sur la ligne reliant Toulouse à Latour-de-Carol. Il permet d’éviter une ascension particulièrement exposée aux intempéries.