Léna, 12 ans, est parée avec son casque et son baudrier. Avec sa copine, venant comme elle de la région parisienne, elle écoute les consignes des deux guides du jour. « En cas de chute, c’est ça qui va vous permettre d’amortir le choc, comme un airbag », explique Morgane, aux côtés de Fabien, en montrant une longe.
Nichée au-dessus de Lanslevillard (Val-Cenis) en Haute Maurienne, la via ferrata du Pichet est au programme, ce mardi 22 juillet après-midi, pour une quinzaine de jeunes, âgés entre 9 et 13 ans. Certains appréhendent l’ascension sous un soleil éclatant et, pour fond, le sifflement des marmottes. Les accompagnateurs les rassurent en commençant par la partie la moins difficile de l’ascension.
“Pratiquer la montagne plutôt que de la consommer”
Ces enfants ne participent pas à un centre aéré comme un autre mais au dispositif “Mon aventure montagne”, imaginé par l’École du ski français à travers la structure Montagne expériences. L’ESF Val-Cenis a décidé de rejoindre, cette année, l’aventure. Une suite logique pour son directeur, Clément Rosaz : « Depuis 2010, on gère la garderie (NLDR : appelée La Maison des enfants), hiver comme été. Cela nous semblait alors évident de participer à ce programme. » Lui-même s’implique en expliquant aux enfants le métier du moniteur de ski et l’univers de la montagne : « Alors que je l’apprenais à l’école, je me rends compte que peu savent ce que sont l’ubac et l’adret. »
Le responsable de l’ESF sait qu’il peut compter sur Séverine Mourlat. Après avoir quitté l’Éducation nationale, elle a rejoint, il y a deux ans, la direction de La Maison des enfants. Pour elle, l’adhésion à “Mon aventure montagne” prend tout son sens dans la station labellisée “flocon vert” depuis 2021 : « Nous avons été interpellés par le slogan : “Pratiquer la montagne plutôt que de la consommer”. Cela nous correspondait bien. À travers des activités ludiques et pédagogiques, on sensibilise la jeune génération, et indirectement leurs parents, aux enjeux environnementaux. »
Des jeunes venus de l’étranger
La néo-Mauriennaise sort deux grandes fiches pour montrer la diversité des activités, adaptées à chaque tranche d’âge : de la recherche des fleurs lors d’une balade au canoë en passant par la nuit au refuge pour les plus grands. « On a aussi souhaité de mettre des thématiques en fil rouge chaque semaine comme le réchauffement climatique », précise-t-elle.
Les enfants sont amenés à rencontrer des moniteurs de ski qui exercent un autre métier en dehors de l’hiver, à l’instar d’une éleveuse d’alpagas. « On en profite pour mettre en lumière ces activités », se réjouit le directeur de l’ESF. Venant de toute la France, voire parfois de l’étranger comme ces Américains, ils sont entre une trentaine et une cinquantaine de jeunes, selon les semaines, à profiter de ces animations. Si certains ont l’habitude de venir aussi l’hiver, d’autres découvrent complètement l’univers de la montagne durant l’été.
L’ESF a créé ce programme en partenariat avec le syndicat national des guides de montagne et celui des accompagnateurs de montagne. L’offre s’étend, cet été, à d’autres stations. À La Rosière, Les Menuires, Méribel, Montgenèvre, Orcières, Peisey-Vallandry, Plagne-Bellecôte, Serre Chevalier Chantemerle et La Colmiane s’ajoutent, cette année, Combloux, Font-Romeu, Sainte-Foy-Tarentaise et Val-Cenis.
Article issu du Dauphiné Libéré


