Bivouac dans les Écrins : vers une nouvelle réglementation dès juin 2026

Pendant le mois d’avril, le parc national des Écrins lance une consultation sur un nouvel arrêté réglementant la pratique du bivouac, notamment dans les zones fragiles du territoire. Cette consultation requiert notamment l’avis des professionnels du secteur.

Certaines activités pourraient être impactées de manière directe par la décision du Parc. La décision devrait être rendue dès juin 2026.

Préserver sans interdire totalement

« Ce serait dommage que 10 % des adeptes pénalisent tout le monde », affirme Thibaut Blais, photographe de montagne et prestataire du Parc. Opposé à une interdiction totale, il plaide pour davantage de pédagogie : « Il faut expliquer les bons gestes, par exemple mettre des panneaux expliquant pourquoi il ne faut pas uriner près des lacs. »

Selon lui, la liberté offerte par le bivouac est essentielle, mais nécessite un encadrement plus prononcé sur les sites les plus fréquentés. Il mentionne notamment certains secteurs de l’Oisans, comme le lac de la Muzelle.

Certaines agences de voyages, organisant des treks dans les différents massifs des Hautes-Alpes, prônent des sorties accompagnées. Marion Genta, responsable de Destination Queyras, une agence de voyages qui travaille en lien avec les acteurs institutionnels comme les parcs naturels. Elle souligne que sa structure privilégie des bivouacs accompagnés, en dehors des Écrins. C’est dans cet esprit que l’agence Destination Queyras ne propose le bivouac que sous la forme de séjours encadrés par un accompagnateur en moyenne montagne.

Cet encadrement permet, selon Marion Genta, « d’apporter une véritable dimension pédagogique à cette pratique, d’accompagner les randonneurs sur le terrain et de transmettre les bonnes pratiques ». Les risques néfastes pour l’environnement sont, selon Marion Genta, le choix des emplacements, la gestion de l’eau, le respect de la faune et de la flore. « Sans accompagnement, on n’a pas la main sur les pratiques des visiteurs des lieux. Si nos professionnels ne sont pas là pour encadrer les randonneurs, les dérives peuvent vite arriver », explique-t-elle.

Des pratiques sous pression croissante

Un accompagnateur dans le massif des Écrins, qui préfère rester anonyme, évoque une situation devenue préoccupante. « Il y a trop de dérives, notamment avec l’influence des réseaux sociaux. Les jeunes voient un lieu agréable et décident d’y monter, parfois très mal équipés », observe-t-il.

Lui-même attaché à la pratique du bivouac, il appelle à un renforcement de la prévention : « Les gens ne connaissent pas toujours les bonnes pratiques. Il faut davantage les informer. »

Et, en cas d’échec, il se projette et propose d’envisager des mesures plus restrictives, comme le « filtrage des entrées, qui pourrait devenir nécessaire ».

La consultation lancée par le parc national des Écrins est bien accueillie par certains professionnels du secteur. « Le fait que le Parc sonde les pratiquants est bienvenu. C’est important de le faire », témoigne Thibaut Blais.

Article issu du Dauphiné Libéré

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