Chamonix : des ados découvrent le ski-alpinisme « Une porte d’entrée avant la compétition »

Sur une neige lourde de printemps, ils avancent à petits pas, concentrés. Le dimanche 19 avril, aux Grands Montets, dix jeunes de 11 à 15 ans ont découvert le ski-alpinisme dans des conditions printanières. Une neige humide qui colle aux peaux rend l’effort plus exigeant. Mais pas de quoi effrayer ces jeunes venus découvrir une discipline qui les intrigue.

Cette journée d’initiation, marque une étape dans la structuration d’un groupe dédié aux jeunes adolescents de 11 à 15 ans au sein de la section ski-alpinisme du Club des sports de Chamonix. Aujourd’hui, rien n’existe pour cette tranche d’âge, où avant les compétitions, certains jeunes skieurs aimeraient déjà en apprendre un peu plus sur l’art d’aller presque aussi vite à la montée qu’à la descente.

Bons skieurs, ils n’ont aucun mal à dévaler les pistes des Grands Montets. L’affaire se corse toutefois au moment de mettre les peaux de phoque. Heureusement, leurs encadrants du jour partagent leur science, de la technique de glisse aux astuces pour conserver une bonne adhérence à la montée.

Vient le moment de pratiquer quelques conversions, le geste technique à maîtriser quand on remonte des pentes trop raides pour être attaquées de front. Les essais s’enchaînent, parfois avec hésitation. « Tout est dans le timing et l’équilibre », corrige la skieuse et alpiniste expérimentée Valentine Fabre, attentive aux moindres gestes. Par chance, la neige de printemps pardonne certaines erreurs.

À la descente, les visages se détendent. Mais le ski-alpinisme ne se résume pas à dévaler les pentes. Il faut apprendre à économiser son énergie, surtout lorsqu’on n’a pas un matériel ultraléger de professionnel. « Pour leur taille et âge, c’est rare de trouver des skis et chaussures comme les nôtres », leur explique l’athlète professionnel Baptiste Ellmenreich.

Transmission et premières sensations

Alors pour éviter de dégoûter ceux qui montent avec des skis de 105 mm au patin, les coachs leur font essayer leurs « allumettes ». « C’est le jour et la nuit », glisse l’un des jeunes, ayant le sentiment de voler à la montée. « Tu ne diras peut-être pas la même chose à la descente », lui rétorque avec amusement Valentine Fabre.

Un peu plus haut, Baptiste Ellmenreich enchaîne les transitions. Dépeauter, rechausser, et repartir en seulement quelques secondes… Les jeunes observent, fascinés. « J’ai appris ici dans cette section ski-alpinisme. J’avais donc envie de transmettre à mon tour », livre celui qui préside désormais la section.

Attirés par la liberté qu’offre le ski de randonnée, les dix jeunes venus découvrir le ski-alpinisme ont été séduits par cette discipline complète qui permet de vivre de belles aventures en montagne. Photo B.S.
Attirés par la liberté qu’offre le ski de randonnée, les dix jeunes venus découvrir le ski-alpinisme ont été séduits par cette discipline complète qui permet de vivre de belles aventures en montagne. Photo B.S.

Former dès l’adolescence, sans brûler les étapes

Longtemps, le ski-alpinisme s’est découvert sur le tard. Mais la discipline évolue. « Les jeunes talents arrivent de plus en plus tôt », assurent les coachs qui ont d’eux-mêmes eu l’envie de créer, pour la rentrée prochaine, un groupe dédié aux 11-15 ans.

« Une porte d’entrée avant la compétition, centrée sur l’apprentissage et le plaisir », résume la guide de haute montagne et membre active du club Cécile Ballauri. Car les courses débutent réellement en catégorie U16. En amont, il s’agit surtout d’acquérir les bases techniques, physiques et les connaissances du milieu montagnard indispensables à la pratique du ski-alpinisme en compétition.

En tout cas, l’engouement est là. Entre ski alpin et ski de fond, le ski-alpinisme attire des profils variés, séduits par la liberté qu’offre le ski de randonnée. Pas encore d’objectif de performances pour ces jeunes, mais déjà l’envie d’aller plus haut et plus loin grâce à leurs peaux de phoque et aux conseils avisés de leurs encadrants. Séduits par l’essai, ils sont plusieurs à envisager de s’inscrire dans le nouveau groupe de la section. Et les bénévoles qui transmettent avec talent leur passion espèrent que d’autres suivront !

L’effet Jeux olympiques sur la nouvelle génération

Depuis son entrée au programme des Jeux olympiques, le ski-alpinisme intrigue d’autant plus les jeunes. Aux Grands Montets, ce dimanche, presque tous les participants avaient suivi les épreuves de Milan-Cortina.

« On ne s’attendait pas à un format aussi rapide », glissent cependant certains, surpris par l’intensité du sprint. Mais l’enthousiasme est bien là, renforcé par les performances françaises, qui ont contribué à rendre la discipline plus visible et accessible.

À Chamonix, cet engouement trouve un terrain d’autant plus fertile que la ville abrite un maillon clé de la préparation française en ski-alpinisme. Avec la création du pôle espoir au sein de sa cité scolaire et l’École nationale de ski et d’alpinisme (Ensa), elle s’inscrit dans une stratégie claire en vue des Jeux olympiques de 2030 : former tôt, structurer localement et accompagner vers le haut niveau.

Dans ce contexte, initier les plus jeunes prend tout son sens. « L’apprentissage du ski de randonnée versant plaisir nourrit celui du ski-alpinisme en compétition », rappelle Cécile Ballauri. Une passerelle naturelle, qui permet d’ancrer les bases techniques et culturelles de la discipline dès l’adolescence.

Article issu du Dauphiné Libéré

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