À 95 ans, il crée des chalets miniatures : « Je me suis dit, je vais essayer »

À bientôt 95 ans, qu’il fêtera en novembre prochain, Marcel Molliet garde les mains habiles et l’œil précis. Dans sa maison située au hameau de Ladray à Arêches, entouré de souvenirs et de morceaux de bois soigneusement assemblés, il consacre une partie de son temps à une passion née sur le tard : la fabrication de chalets miniatures. Une activité commencée après ses 80 ans, presque par hasard.

« J’avais du bois, des petits morceaux qui traînaient. Je me suis dit : je vais essayer », raconte-t-il avec simplicité. Depuis, un chalet en a entraîné un autre. Aujourd’hui, il en a réalisé une douzaine, tous différents, inspirés de la vie en montagne, des vieux chalets savoyards, des alpages et même de chapelles aperçues au fil de ses voyages.

Sur ses maquettes, rien n’est laissé au hasard : la baratte, les outils agricoles, les scènes de montagne, les skieurs ou encore les petits détails des façades rappellent le quotidien d’autrefois. L’un de ses modèles préférés représente une chapelle normande découverte par son épouse lors d’un voyage. Un autre rend hommage à la musique et aux accordéonistes. « Maintenant, tout se fait avec les machines. Avant, ce n’était pas comme ça », glisse-t-il en observant ses créations.

Marcel a réalisé une douzaine de chalets, tous différents, inspirés de la vie en montagne, des vieux chalets savoyards, des alpages et même de chapelles aperçues au fil de ses voyages. Photo A.D.B.
Marcel a réalisé une douzaine de chalets, tous différents, inspirés de la vie en montagne, des vieux chalets savoyards, des alpages et même de chapelles aperçues au fil de ses voyages. Photo A.D.B.

Un savoir-faire transmis et réinventé

Le goût du travail du bois semble couler dans les veines de la famille Molliet. Marcel montre avec fierté des ouvrages réalisés par son grand-père Alphonse, qui fabriquait déjà, à 18 ans, des découpes et objets minutieux en bois. « Il faisait des choses incroyables pour l’époque », explique-t-il en désignant les anciennes pièces conservées dans la maison.

Aujourd’hui encore, cette tradition artisanale continue d’occuper ses journées. « Ça fait passer le temps », sourit-il. Une occupation qui demande surtout beaucoup de patience : certains chalets lui prennent près d’une année de travail. Derrière les maquettes se dessine aussi toute une vie passée en altitude. Ancien agriculteur de montagne, Marcel Molliet évoque avec précision les alpages, les troupeaux, les longues journées d’été et la fabrication du fromage.

« On se levait à 3 heures du matin. Il fallait descendre le fromage tous les jours », se souvient-il. À l’époque, l’exploitation comptait une soixantaine de vaches et près de 150 hectares de montagne. Il raconte aussi les orages soudains, les troupeaux affolés, les chemins escarpés et le travail difficile d’autrefois. « Maintenant, tout est mécanisé. Avant, il fallait tout faire à la main. »

« Je mange bien, je dors bien… »

Malgré les années, Marcel garde une belle énergie. Il continue ses promenades dès que le temps le permet et résume son secret avec philosophie : « Je mange bien, je dors bien… Et il ne faut pas se laisser aller. » Dans chacun de ses chalets miniatures, c’est finalement un peu de cette mémoire de la montagne savoyarde qu’il continue de faire vivre, avec patience, précision… Et passion.

Article issu du Dauphiné Libéré

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