Depuis la crise sanitaire, la montagne voit ses réservations grimper l’été. Les différents massifs ont étoffé leur offre. Et alors que beaucoup de Français pourraient décider de rester en France, la montagne a une sacrée carte à jouer.
Le chiffre en dit long : 41 % des Français ont séjourné en montagne durant l’été ces trois dernières années contre 30 % en période hivernale. Depuis la crise du Covid, les réservations pour juillet et août n’ont d’ailleurs pas cessé d’augmenter. Dans les faits, un Français sur cinq se rend donc à la montagne, durant la période de mai à octobre. Et au palmarès des destinations, elle n’est plus aujourd’hui devancée que par la mer.
Un engouement qui se confirme
Selon l’Association nationale des maires des stations de montagne, l’été dernier, les nuitées ont encore bondi de 5 % l’été. Les refuges du CAF (Club alpin français ont connu une fréquentation jamais vue (348 000 nuitées) et, en 20 ans, le nombre de secours en montagne a doublé.
11 % des Français fréquentent la montagne uniquement à la journée, principalement des résidents des régions de massifs (Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie), aux revenus plus modestes.

Le portrait des vacanciers estivaux
Ces vacanciers (30 % des Français) se caractérisent pour 40 % d’entre eux par un revenu par foyer de 3 000 à 6 000 euros mensuels. Une tranche surreprésentée par rapport à la moyenne nationale, comme en hiver. En termes d’âge, le profil des clients épouse globalement la moyenne, même si les 65 ans et plus sont davantage présents qu’en hiver. Cette clientèle d’été est-elle pour autant moins dépensière qu’en hiver ?
À Morzine (Haute-Savoie), Bruno Cherblanc le directeur de l’OT précise que certains magasins de sports font plus de recettes l’été que l’hiver : « La location d’un VTT de descente, c’est 120 € la journée. » Depuis 2008, cet expert a vu la croissance de la saison estivale qui pèse désormais plus du tiers des nuitées de sa station. Le potentiel de croissance est là.
Nature et art de vivre en tête des attentes
Ce qui motive les amateurs de montagne estivale, ce sont principalement l’environnement et le cadre, la nature. Côté activités, 83 % des interrogés citent la culture et l’art de vivre. La randonnée n’arrive que deuxième à 66 %, devant le bien-être.
Enfin, les activités ludiques et sportives, symboles de la diversification, n’arrivent qu’au quatrième rang des aspirations des interrogés : 19 % pour le vélo et les activités d’eau, 11 % pour la luge d’été et 7 % pour le trail. Quand 35 % des adeptes disent s’adonner à la découverte de la faune et de la flore et 31 % au farniente.
Le vélo, moteur de la diversification
Le vélo, que ce soit sur routes ou sentiers, est un vrai outil de diversification. Les Portes du Soleil entre Haute-Savoie et Suisse proposent 23 remontées mécaniques ouvertes aux VTT.
« On a le plus grand bike park d’Europe, et on talonne Whistler au Canada » dixit Laurie Eloy, à l’office de tourisme d’Avoriaz. Depuis la sortie du Covid, la station a gagné un million de passages de vététistes, +23 % l’été dernier.
Chamonix, vitrine de la montagne quatre saisons
Depuis 2018, Chamonix a gagné 10 % de nuitées (8,5 millions en 2025). Mais alors que l’hiver plafonne (+4,8 %), l’été a bondi de 11 %, et les intersaisons ne sont pas en reste : +8,7 % pour le printemps et même +28 % à l’automne, nouvelle saison touristique. Ce qui signifie que deux tiers de la fréquentation se jouent hors hiver. La ville-station haut-savoyarde est atypique dans un panorama montagnard, où l’or blanc reste la première ressource.
Au pied du mont Blanc, comme en Suisse, se presse une clientèle excursionniste qui emprunte trains à crémaillère ou téléphériques, pour admirer paysages grandioses et glaciers en souffrance. Mais bientôt Chamonix n’aura plus le monopole. Car, avec le rétrécissement des saisons de ski, la raréfaction de l’enneigement et la hausse des températures qui font des massifs des refuges climatiques, toutes les destinations doivent satisfaire une demande grandissante sur l’été. Même dans les massifs les plus méridionaux et les moins hauts.

Les Gorges de l’Ardèche, la Grotte Chauvet 2, l’Aven d’Orgnac, les châteaux de Crussol et d’Aubenas, le mont Gerbier de Jonc, le Safari de Peaugres… L’Ardèche va, cette année, encore dévoiler ses atouts pour attirer les touristes. Dans une conjoncture assez compliquée (prix de l’essence, incertitudes sur certaines destinations étrangères), le département aura de nouveau une belle carte à jouer. Comme son voisin la Drôme. La carte de la nature, avec des sites et des paysages extraordinaires, mais aussi, la carte de la proximité.
Une capacité d’accueil importante
La clientèle française séjournant en Ardèche est en effet principalement originaire de la région Rhône-Alpes (35 %).
Le département enregistre chaque année 15 millions de nuitées avec 70 % de Français et 30 % d’étrangers. Une clientèle étrangère majoritairement composée d’Hollandais (35,7 %), d’Allemands (15.6 %) et de Belges (21.5 %) et attirée par l’hôtellerie de plein-air. L’Ardèche compte 281 campings et 4 900 meublés de tourisme, dont 1250 sont labellisés Gîtes de France.
Article issu du Dauphiné Libéré