215 tentes en une nuit : « l’effet Instagram » inquiète les parcs naturels

Du jamais vu. 215 tentes la soirée du 15 août, au lac de la Muzelle, destination qui nécessite une journée de marche, quand le lac voisin du Lauvitel se mérite aux prix d’une balade d’une heure. Sur ce site, le Parc des Écrins a beau limiter le bivouac à des zones réservées, on a recensé 90 tentes certains soirs et les amendes ont doublé.

Samuel Sempé, directeur adjoint du Parc, déplore l’effet d’attraction des réseaux sociaux sur ces sites très instagrammables. Et l’essor du bivouac qui a doublé depuis 2021 dans les Écrins. « Et même triplé à la Muzelle et au Lauvitel. C’est la tendance de l’été ». Mais quand ces deux sites voisins du bas Vénéon pâtissent de cette concentration, le haut est désert, depuis la catastrophe de La Bérarde. Et l’ensemble du parc a connu une hausse de fréquentation modérée (+0,8 %). « Et c’est 15 % de moins par rapport à 20 ans en arrière ».

Un enjeu de gestion

Pour faire face, l’été prochain, le parc recherche la solution car ces milieux ne peuvent absorber de telles pressions et les déchets abandonnés par certains. « Un quart de ces adeptes sont des nouveaux publics, urbains, qui ont une vague idée de ce qu’est un site protégé ».

Faut-il renforcer la médiation avec l’OFB, la police municipale, la gendarmerie, investir les réseaux sociaux, voire imposer la réservation pour bivouaquer ? Car le bivouac, depuis dix ans, est devenu une pratique à part entière. On monte juste pour dormir au grand air.

Dans le Parc de la Vanoise, excentré des centres urbains, le site du lac des Vaches, décor de carte postale, avec 40 000 passages par été, fait l’objet d’une étude. Au-dessus, le refuge du col de la Vanoise a décidé d’arrêter le bivouac, devenu trop lourd pour le gardien. « Dans notre parc, la règle est simple : le bivouac est autorisé sur réservation autour des refuges », explique Nicolas Ponson, monsieur fréquentation au PN de la Vanoise. Exemple à suivre pour les Écrins ?

Dans la réserve des Aiguilles Rouges (Mont-Blanc), pour faire face à l’afflux près des lacs, quatre zones de bivouac ont été définies sur réservation. Ce n’a pas empêché les dérives cet été (tentes abandonnées). Pis les alpagistes près du lac Blanc, accessible en une heure de marche par le téléphérique de la Flégère, déplorent l’impact de 110 000 visiteurs par été et demandent l’instauration de quotas.

Article issu du Dauphiné Libéré

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