Parce que la préservation du territoire fait partie intégrante de la stratégie de l’office de tourisme du lac d’Annecy, un focus a été fait, mardi 19 mai lors de la présentation de la feuille de route de l’OT, sur les deux réserves naturelles du Roc de Chère (à Talloires-Montmin) et du bout du lac (à Doussard). Sur ces deux sites, la fréquentation a bondi de manière spectaculaire au cours des dix dernières années et génère désormais des problématiques nouvelles.
« En 2025, grâce à des éco-compteurs installés sur zone, on a enregistré près de 180 000 visiteurs au Roc de Chère et plus de 190 000 au bout du lac », a indiqué Lise Camus-Ginger, conservatrice des espaces naturels pour Asters, lors du rendez-vous. Soit une hausse de l’ordre de 150 % depuis 2015. « On a même connu, l’an passé, des pics à 2500-3000 personnes pendant l’été », a complété la technicienne.
Un volume pareil – qu’elle met sur le compte de la « recherche de fraîcheur » et de « la hausse de la population » -, n’est pas anodin. Aux yeux de la Haut-Savoyarde, « ça se ressent et ça provoque des confrontations d’usage qu’il faut appréhender ».
« Entre ceux qui se promènent, ceux qui sortent leur chien, ceux qui courent, ceux qui vont aux champignons et ceux qui font de la plongée ou de l’escalade, ça fait beaucoup de profils différents », a poursuivi la conservatrice. Profils qui ne se comprennent pas toujours et qui arpentent de plus en plus librement les lieux, créant parfois des sentiers où il n’y en avait pas et dérangeant ponctuellement la faune.

La sensibilisation privilégiée face à l’affluence
Toutefois, d’après Lise Camus-Ginger, il n’y a pas lieu de limiter la fréquentation dans ces réserves. « C’est un sujet complexe et mettre sous cloche, ça ne serait pas très intéressant », a-t-elle jugé. À la place, elle dit préférer la sensibilisation et la médiation. À la fois sur le terrain, dans les murs du conservatoire ou dans les écoles. « L’enjeu, c’est de rappeler aux gens qu’il faut être respectueux de la nature et des autres. »
L’office de tourisme, de son côté, essaye de proposer aux usagers un maximum d’itinéraires de promenade pour les inciter à sortir des sentiers battus. A la fois dans ses bureaux d’information et via sa toute nouvelle application.
Article issu du Dauphiné Libéré