Ce n’est pas la première mais ce sera peut-être l’une des dernières puisque l’on arrive au bout des procédures : une nouvelle pièce s’est ajoutée à l’épais dossier qui lie Tony Parker et le Vercors.
Une pièce non négligeable puisqu’il s’agit d’un deuxième avis de l’autorité environnementale (MRAe), qui intervient avant la décision finale d’autoriser, ou pas, le projet immobilier sur la Côte 2000 présenté en 2019 par l’ancienne étoile du basket.
La balle est dans le camp de la préfecture
Cette décision doit être rendue par le préfet du massif des Alpes cette année (lire ci-dessous). C’est lui qui dira si, après tous ces rebondissements, la création d’une Unité touristique nouvelle (UTN) structurante est possible à Villard-de-Lans, au pied de la station.
Dans le jargon urbanistique, une UTN est une zone définie par la collectivité (ici la Communauté de communes du massif du Vercors) autorisant l’implantation de projets destinés à développer l’offre touristique en montagne. Et si la préfecture autorise celle de la Côte 2000, un permis de construire pourra ensuite être déposé par le porteur de projet.
Un projet qui a bien évolué…
Dans ce contexte, si la MRAe publie un deuxième avis, c’est parce qu’en six ans le projet Parker a beaucoup évolué. Il a notamment été déplacé de la colline des Adrets vers le parking P1 de la station côté Villard, répondant à une volonté politique de la nouvelle municipalité de ne pas artificialiser une zone naturelle.
Au passage, le nombre de lits a été réduit de 900 à 700 (lire Repères). Ces changements majeurs nécessitaient donc une deuxième évaluation environnementale complémentaire à la première. Et d’un point de vue global, elle ressemble beaucoup à la première… C’est-à-dire qu’elle n’est pas des plus positives. Voilà pourquoi…
… et qui pose des questions environnementales
L’UTN de la Côte 2000 n’est pas le seul projet envisagé dans la station Villard-Corrençon. Un ensemble immobilier comprenant 112 logements pourrait aussi voir le jour au hameau des Arolles, côté Corrençon-en-Vercors.
Ces deux projets sont menés séparément, mais sont intimement liés au bon fonctionnement de la station. Alors, pourquoi ne pas les considérer comme un seul et même ensemble utile à son développement ? C’est la grande question que pose à de multiples reprises l’autorité environnementale.
Selon elle, « le périmètre de l’évaluation environnementale doit être élargi afin de prendre en compte les impacts du projet d’ensemble » avec les futurs logements de Villard et de Corrençon, mais aussi « les évolutions du domaine skiable, en particulier l’augmentation de la capacité de production de neige de culture et le développement d’activités quatre saisons ».

Des griefs qui n’en finissent plus
Un scénario réunissant tout cela « aurait permis de s’assurer de la prise en compte de l’environnement à la bonne échelle, celle de la station ». Rappelant que le secteur de la Côte 2000 est actuellement composé à 100 % de résidences secondaires, l’autorité recommande de repositionner l’opération immobilière en mettant la priorité sur « la réhabilitation des logements existants » mais aussi « de justifier l’absence d’UTN à l’échelle de la station et, à défaut, de reconsidérer l’UTN projetée ».
Ce manque de vision d’ensemble, c’est le plus gros reproche de l’autorité environnementale, mais ce n’est pas le seul : « Que les dépôts de matériaux sur le domaine skiable, la création de parkings temporaires et d’un parking supplémentaire pour les résidences secondaires induits par la présente opération immobilière ne soient pas évalués n’est pas compréhensible ».
Elle recommande aussi de rendre définitivement inconstructible la parcelle des Adrets où se trouvait initialement le projet pour qu’aucune autre opération ne puisse y être menée. Ces points noirs laissent à penser que le projet n’est pas en très bonne voie, et pourtant ! Le Comité de massif des Alpes, en lien avec la préfecture dont on attend le verdict, a rendu récemment un avis favorable au projet d’UTNS (lire ci-dessous).
▶ Une zone située sur la Côte 2000, en front de neige, à Villard-de-Lans où il y a déjà 7 308 lits touristiques répartis en deux copropriétés de 2 030 appartements (Balcon et Glovettes) composées à 100 % de résidences secondaires.
▶ Un projet de 18 497 m2 comprenant 99 suites appartements soit 700 lits, des cellules commerciales, un pôle sportif indoor, une chaufferie collective, un parking souterrain payant de 600 places sur deux niveaux, 20 logements saisonniers et une extension du réseau d’eau potable.
Une petite victoire pour le maire villardien, Arnaud Mathieu : « On a pu démontrer son caractère indispensable pour l’avenir de la station. » Désormais, il attend la décision définitive du préfet… Comme tout le monde, après six ans de procédures.
Article issu du Dauphiné Libéré


