On connaissait les monuments et les sites remarquables classés à l’Unesco mais l’organisation des Nations unies protège aussi les connaissances qui se transmettent de génération en génération. C’est dans cette catégorie que le parc des Bauges a déposé un dossier de candidature pour faire classer le patrimoine alimentaire alpin, emmenant avec lui le parc des Baronnies provençales (Alpes du Sud) mais aussi la Suisse, l’Italie et la Slovénie. Un travail de plus de 10 ans. « L’objectif est de valoriser les savoir-faire pour garder vivant le patrimoine immatériel », détaille Silvia Ala, chargée de mission au parc naturel régional du massif des Bauges.
Un terme très vaste qui regroupe l’entretien des alpages, la fabrication des fromages, la culture de variétés anciennes, la cueillette des plantes aromatiques et médicinales, les fêtes traditionnelles, les recettes ancestrales (comme les rissoles), etc. « Cet outil de sauvegarde, expérimenté à l’échelle internationale, va permettre de s’inspirer des bonnes pratiques. Comment quelque chose qui est fait en Slovénie peut être intéressant dans les Bauges ? » C’est comme ça que le festival Lo pan ner, dans le Val d’Aoste (Italie), a été dupliqué dans les Pays de Savoie, en 2018, sous le nom de Fête aux fours.

Les Alpes, laboratoire pour s’adapter au changement climatique
Entre 2016 et 2019, le parc des Bauges a réalisé un inventaire de son patrimoine alimentaire alpin, aidé d’une anthropologue, en s’entretenant avec des producteurs, des artisans, des associations. Il a ensuite organisé des Rencontres biennales pour élargir son réseau. « On a aussi dégagé des pistes d’action quand des menaces pèsent sur la transmission de ces connaissances, qui parfois ne tient qu’à quelques personnes », poursuit Silvia Ala. Car tout l’enjeu de maintenir ces savoir-faire c’est qu’ils sont durables, suivent le rythme des saisons, favorisent la biodiversité et permettent de s’adapter au changement climatique.
Verdict de la candidature en décembre 2027. Si les Alpes obtiennent la reconnaissance de l’Unesco, avec inscription au registre des bonnes pratiques de sauvegarde, ce sera un point d’étape. « On pourra aller chercher des financements auprès des régions et de l’Europe pour monter des projets par la suite, autour des races locales ou des appellations de qualité, par exemple. Ce n’est pas un but en soi mais un outil pour mieux travailler ensemble, coopérer entre professionnels ou avec d’autres massifs. »
Article issu du Dauphiné Libéré