« Le danger majeur, c’est la glissade » : prudence sur les sentiers des Alpes encore enneigés

Alors que les massifs préalpins tels que le Vercors et la Chartreuse connaissent un assèchement substantiel sur la plupart des itinéraires de randonnée, l’enneigement demeure important au-dessus de 2 400 à 2 500 mètres d’altitude dans les massifs de Belledonne et des Écrins en ce début du mois de juin.

Malgré les fortes chaleurs des dernières semaines, les importantes quantités de neige tombées tout au long de l’hiver et du printemps ne sont pas résorbées et de nombreux névés d’altitude sont encore présents. « Comme toujours en début de saison – et c’est particulièrement vrai cette année – le danger majeur pour les randonneurs mal équipés et les traileurs, c’est celui de la glissade sur la neige dure », explique le major Benjamin Valla, chef de l’unité grenobloise de la CRS Alpes. « Il est vraiment indispensable de s’équiper de vrais crampons d’alpinisme si l’on veut progresser en sécurité sur des sentiers qui, en plein été, ne présentent pas de danger particulier, mais qui, le matin, présentent de réels dangers de glissade ».

Chaque année, les secouristes du PGHM et de la CRS sont confrontés à des accidents dramatiques qui auraient pu être évités si les victimes avaient été correctement équipées. C’est ainsi qu’ils attirent l’attention sur le fait que les crampons forestiers sont inadaptés à la progression sur pente raide. Bien choisir son objectif, éviter de s’engager dans des randonnées en haute altitude sans équipement adapté sont donc des précautions essentielles à respecter.

Les névés tardifs représentent un danger trop souvent sous-estimé par les randonneurs. Photo Denis Masliah
Les névés tardifs représentent un danger trop souvent sous-estimé par les randonneurs. Photo Denis Masliah

Neige instable et réglementation sous surveillance

En cette saison, d’autres pièges attendent les amoureux de la montagne : « Dans l’après-midi, alors que la neige se ramollit, les risques de passer à travers les ponts de neige situés au-dessus des torrents sont importants », détaille encore Benjamin Valla, qui alerte également sur les avalanches de fonte pouvant se produire dans les faces longées par certains sentiers. Des purges aussi soudaines que violentes peuvent en effet se produire en seconde partie de journée, provenant des secteurs de très haute altitude. « Il y a encore vraiment beaucoup de neige au-dessus de 2 500 mètres d’altitude, tout particulièrement sur les versants nord et des coulées peuvent se produire, selon les endroits ».

Par ailleurs, d’ores et déjà, les professionnels de la montagne attirent également l’attention du public sur le respect de la réglementation, notamment dans le Parc national des Écrins. Tout au long de l’été dernier, les zones de bivouac des secteurs de La Muzelle et du Lauvitel, par exemple, ont été saturées, certains visiteurs s’affranchissant de toutes les règles élémentaires, notamment en abandonnant leurs déchets sur place ou en gardant leur tente montée en pleine journée sans respecter les horaires de montage et de démontage.

Article issu du Dauphiné Libéré

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